Les 12 000 logements du programme Praille-Acacias-Vernets constituent le premier pôle de développement urbain de Genève. Les autorisations de construire pour deux ensembles, résolument urbains, viennent d’être délivrées.

Au moins, les architectes genevois n’ont pas eu peur de « construire de la ville ». L’aspect très minéral des premières ébauches du futur quartier des Vernets a fait débat à Genève il y a une quinzaine d’années. C’est en effet dès 2005 que la fédération des architectes suisses lance un concours pour réaménager entièrement une vaste zone industrielle et artisanale située sur les communes de Genève, Carouge et Lancy. Le plan directeur est approuvé en 2007 puis les négociations entre riverains, aménageurs et élus s’engagent…

Sur le plan urbain, le projet constitue une opportunité de développement unique pour Genève. L’ensemble est accessible par le rail – avec notamment la gare du Léman Express de Pont-Rouge et la halte du Bachet – et la route. L’année 2020 voit le long processus de concertation arriver à son terme puisque les autorisations de construire ont été délivrées en juin pour deux ensembles de logements aux Vernets et à la Marbrerie, pour un total de 1 650 nouveaux logements « à prix contrôlés » – comme on dit en Suisse –, dont deux tiers seront d’utilité publique.

La Marbrerie comprendra à terme 160 logements ainsi que des locaux d’activités commerciales et artisanales, mais la première autorisation ne porte que sur 77 logements et 1 900 m2 de locaux. Le démarrage du chantier est prévu en fin d’année pour de premières livraisons en 2022.

Projet ambitieux

Le projet des Vernets est autrement plus ambitieux puisqu’il s’agit de réaliser 1 500 logements à terme et 300 logements pour étudiants, ainsi que des locaux d’activités et commerciaux, une école, une crèche, une maison de quartier… Les promoteurs ont mis l’accent sur la qualité énergétique des logements. Les Vernets sera ainsi le premier projet du canton à obtenir le label Site 2 000 watts (à l’origine un projet de l’École polytechnique fédérale de Zürich).

Les bâtiments respectent pas moins de 70 mesures durables : ferme photovoltaïque, toitures végétalisées, préservation de pleine terre, implantation de grands arbres, préservation de la flore, installation d’abris à faune… Le quartier est également voulu sans voiture en surface. Reste que l’architecture très carrée surprend. « Trop de gens en sont encore restés aux images du premier concours », regrette Patrick Pillet, pilote du projet pour l’équipe.

Le projet devrait de toute façon trouver preneur : plus de 7 000 Genevoises et Genevois sont actuellement en attente d’un logement auprès des fondations immobilières de droit public. Le démarrage du chantier est prévu en fin d’année, les premiers emménagements pourraient avoir lieu en 2023.


Par Philippe Claret