L’hiver sera rude, la crise aussi

par | 25 Oct 2011

Marrant comme toute l’année on se demande comment ça va mal aller. La météo? L’hiver sera rude. Chaque année on nous la ressert. La crise? Rude aussi. Alors je veux la mienne.

Q
uand il fait trop chaud, c’est que l’hiver sera glacial. Quand il fait trop froid, c’est que l’hiver sera glacial. Disons que je m’en fiche, de toute manière je n’aime pas l’hiver.
La crise, c’est pareil. Je ne sais pas toi, mais moi je n’avais pas remarqué à quel point j’aurais dû me sentir comblé ravi l’an dernier tellement tout allait fort. Eh bien non! Ni mon porte-monnaie, ni mon petit compte, pas le moindre tsunami d’abondance économique. Il faut dire que si quelque chose de plus avait par inadvertance atterri dans mon escarcelle, les mille doigts avides qui guettaient n’ont rien loupé. Comme nos «pauvres» assureurs, ceux qui nous vendent notre santé, par exemple, qui nous tondent tout ce qu’ils peuvent. Le pétrole, tu rigoles, quand il était à 100 dollars le baril, presque deux balles qu’il coûtait, le litre! Maintenant que ledit baril est redescendu à presque un tiers de moins et que le dollar a perdu le tiers de sa valeur, on le paie… presque deux balles. Des dizaines de centimes s’évaporent mais ils atterrissent bien quelque part.

Crise perso
Je pense que je vais faire journaliste éternel. Il y a douze mois, tu titrais «frasques de Berlusconi», le lecteur souriant survolait tes lignes d’un œil distrait et un peu égrillard. Il y a six mois, tu titrais pareil, même réaction. Entre deux, nouvelle variation sur un thème connu: «procès» ou menace de plainte, dénonciation et le mot «frasque» pouvait revenir comme un grand, sans sourciller. Tranquille, le sujet, à moins que le frétillant du caleçon ne nous fasse un arrêt du cœur, tu peux garder le mot, les titres et tout le bazar, ça va resservir.
Pour la crise, on n’est pas loin de la même rengaine. A peine un soubresaut du dollar et hop, «la Suisse va tousser». Elle ne tousse pas mais, trois soubresauts plus loin, c’est dit, elle va tousser. Là, à la rentrée, c’est o-ffi-ciel, elle va tousser. L’an prochain, si elle passe l’hiver, ce sera une année de toux catarrheuse pour une Suisse forcément malade.
Moi je te dis qu’il est temps de faire notre révolution. Frères (et sœurs) de toutes les crises, unissons-nous. Il est temps de revendiquer: je veux «ma crise», bien à moi. Parce que comme ça, je peux en faire ce que je veux, la bichonner, la montrer à mes potes, la grandir pour faire peur à mon banquier. Ensuite, je peux demander à des copains s’ils ne veulent pas me l’acheter. C’est à la mode et c’est une belle affaire, le jonglage avec les dettes des autres…

Jouer l’euro
Dans ton petit panier de crise, n’oublie pas mes petits souliers, ah non, ça ce n’est pas la même chanson, n’oublie pas de mettre une dose d’euro.
Le truc, suggérer à la première personne intéressée par ta crise perso de regarder l’euro, tiens, il a bougé, il est monté un micro poil. Achète cette petite crise en euros, tu y gagnes. Au suivant, tu dis que machin a acheté une crise en euro, ce serait pas mal de la racheter, ou au moins un bout, en francs suisses, t’as vu, il a frémi. De fil en aiguille, ta crise devient un de ces bouts de papier, même pas, un de ces «concepts» qui se vendent et s’achètent sans que personne au monde ne sache quelle valeur il peut bien avoir. Peu importe pour toi, à force de revendre ta crise, tu vas même pouvoir la racheter pour presque rien et l’effacer.
A force de jouer avec les dettes, nos grands malins du fric regardent toujours au bout de la chaîne, vers toi, donc c’est toi qu’on va tondre. Moi je veux faire pareil mais dans l’autre sens, faire de ma crise une super affaire. Si on s’y met tous, peut-être qu’enfin, notre belle grosse bulle financière obligera les banquiers qui nous gouvernent à courber l’échine.

Le pouvoir
Sans rire, tous les grands manitous au pouvoir avaient eu le même discours. On va changer tout ça. Le «tout ça», c’était le bordel intégral issu des manipulations boursières. On a injecté des milliards dans les banques pour les sauver, elles ont vite joué avec pour rembourser les états et elles ont recommencé comme avant. En jurant que rien n’allait arriver.
Là-dessus, de nouveau un petit malin qui lève le doigt et dit: la dette est trop énorme. Et patatras, tout le monde se jette sur cet os.
La bonne nouvelle, c’est que les élections approchent en France puis aux Etats-Unis. Nous serons rassurés: «on va changer tout ça». A mon avis, pas la peine de bouger. Ni d’applaudir. Le foutoir va continuer comme avant.

Merci les abeilles
Karl-Heinz Bablok vient de flanquer un boxon intégral dans le monde du miel. Apiculteur amateur en Bavière, il s’est battu à cause de champs de maïs OGM «expérimentaux» pas loin de ses ruches. A ses frais, il a fait analyser le miel qu’il récoltait. Des traces de ces cochonneries transgéniques purent être détectées. Personne ne l’écoutant, il a fini par saisir les tribunaux. Ils ont tranché: le miel doit passer par une procédure d’autorisation dès lors qu’il contient des ingrédients produits à partir d’OGM. Toute la législation européenne va probablement devoir être repassée à la moulinette. Sale coup pour les Argentins, gros exportateurs vers l’Europe et qui sont envahis de champs génétiquement modifiés. Et pour quasiment tous les apiculteurs qui risquent tous d’avoir des problèmes car les OGM, expérimentaux ou de production intensive, occupent déjà de vastes territoires.
Le petit apiculteur amateur remue un chaudron salement empuanti par ces machins génétiques dont le seul et l’unique but consiste à faire du fric. Rien de bon pour la santé, rien de bon pour la planète, juste des manipulations pour rendre les producteurs totalement dépendants et leur vendre des insecticides supportés par les plantes transgéniques.
Merci les abeilles. Le mouvement planétaire que ces petites bestioles bavaroises initient va peut-être remettre l’église au milieu du village et la bonne agriculture au milieu du champ.

«Santé, bonheur»
Puisque j’y suis, si je parlais de notre santé? J’ai une jolie phrase à citer (tirée du «Monde», par Frédéric Rouillon, professeur de psychiatrie à l’université Paris-Descartes, chef de service à l’hôpital Sainte-Anne): «…n’en déplaise aux technocrates qui ont voulu repenser notre activité, la médecine ne saurait être qu’artisanale, car elle s’accommode mal du taylorisme qui tente de lui imposer une spécialisation stricte et une suppression des gestes inutiles. En effet, même si l’inflation des connaissances médicales nécessite une spécialisation, celle-ci ne peut réduire l’acte de soin à un geste technique dans une « chaîne de montage » thérapeutique expurgée de tout acte considéré comme accessoire.» J’aime beaucoup la chaîne de montage… Parce que d’un autre côté, des études démontrent l’efficacité de la méditation pour un patient. Même la prière et les pensées d’aide orientées vers quelqu’un apparaissent avoir un effet. Donc oui, nous, belles mécaniques sur une chaîne de montage, apprécions le petit «mécano» qui prend le temps d’observer notre jolie (on peut rêver) carrosserie, de discuter de notre parcours afin de tenter de comprendre pourquoi un truc ennuyeux nous arrive, ce que «mal a dit». Et qui nous aident ainsi à corriger nos mauvaises habitudes ou pensées.
Vive le régime crétois et l’«exception française» (nourriture riche mais peu d’accidents cardiovasculaires grâce au… verre de vin rouge), je lève mon verre à la santé des médecins qui font leur «mécanique» avec et pour leurs patients et non à celle des praticiens qui n’ont que le tarif médical sous le nez.

ZIGZAGS
Mariage facebook
L’autre jour, j’avais mis mon costume pour un mariage. Belle histoire que celle de ces tourtereaux. A seize ans, raides dingues l’un de l’autre, ils «sortaient ensemble», timidement, comme on disait alors. La fille part, brusquement, emmenée par sa famille, dans un autre pays. Ni adresse, ni téléphone pour l’amoureux transi. Plus tard, il se marie, fait des enfants. Elle se marie aussi. Le temps passe. Le premier divorce, la seconde perd son mari. Qu’est-ce qui lui a pris, à l’ancienne amoureuse? Elle se met sur facebook, envoie un message timide disant: «dis donc, tu ne serais pas le gars que j’ai connu en Suisse voici 30 ans?» La réponse arrive, oui, c’est lui. Retrouvailles, explications sur le départ, le désespoir. Et amour, de nouveau. C’était un joli mariage, que je dédie à tous ceux qui estiment que les réseaux sociaux sont nuisibles. De belles histoires, il y en a encore…

Pompier culotté
Les pompiers de l’aéroport de Genève avaient fait un clip musical marrant. A Los Angeles, autre chanson, un camion apparaît dans un film, il est tout beau, tout rutilant mais une fille y fait des choses, bref, c’est un film X. Le problème c’est que le règlement interdit formellement d’utiliser tout matériel de pompier pour une œuvre autre que moralement en correspondance avec la haute missions des hommes du feu. Ils vont maintenant s’amuser à trouver le malin qui a loué l’engin pour mettre le feu à la dame du X (ou l’éteindre).

Alarme mobile
Une alarme chez vous? C’est ringard. Un robot de surveillance, voici l’avenir. Il se déplace tout seul, voit dans les coins, la nuit aussi car il éclaire les zones qu’il estime trop sombres et peut détecter tout ce qu’il y a d’anormal. Présenté dans un salon spécialisé à Paris, il a connu son petit succès. Comme pour tous les robots, reste à s’assurer d’une programmation efficace afin qu’il vous laisse rentrer chez vous. Et en sortir!

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Par Gil Egger

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