Un grand vent de liberté, de démocratie et d’espoir souffle sur le monde. Les peuples rappellent aux élites qu’ils veulent vivre libres et espérer toujours en un avenir meilleur. Qui pourrait encore les contredire?

«Les partisans de la démocratie doivent êtres renforcés, non seulement dans le monde arabe, mais aussi et surtout en Iran», a récemment déclaré le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou. Une phrase qu’il est curieux de ne pas voir reprise non seulement par l’ensemble du monde occidental, mais aussi par tous ceux pour qui le premier des droits humains est de pouvoir se choisir librement ses dirigeants…
Trop souvent, trop longtemps, en effet, les démocrates du monde entier ont semblé accepter le fait que, pour certains peuples, dans certaines régions du monde, la démocratie n’était pas utile, n’avait pas sa place. Un peu comme si la démocratie était culturelle alors qu’elle est, d’évidence, humaine. Pour qu’il y ait démocratie, il suffit qu’il y ait des hommes désireux de démocratie… «Ce sont les démocrates qui font les démocraties, c’est le citoyen qui fait la république», a écrit Georges Bernanos (in “La France contre les robots”).
Les peuples, eux, n’aiment pas se massacrer…

Alors quand la foule hurle et réclame la démocratie, dans quelque pays que ce soit, la démocratie finit par venir, fusse au prix de l’affrontement. Que des foules de jeunes gens manifestent au risque de leur peau pour la démocratie, en Tunisie, en Égypte, en Libye, ailleurs encore au Proche et Moyen-Orient, dans le Golfe persique ou en Asie, cela est bien le signe que la démocratie est universelle. Les mots fameux d’Abraham Lincoln, «La démocratie, c’est le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple», ne peuvent que recueillir l’approbation des peuples, pour peu qu’on leur demande leur avis ou qu’ils finissent par le donner sans qu’on leur ait demandé…
Ensuite, de démocratie à démocratie, on pourrait se critiquer. Et la critique serait alors sans doute constructive tant il est vrai que «Jamais une démocratie n’a fait jusqu’ici la guerre à une démocratie» (Jacques Attali in “Lignes d’horizon”), tout simplement parce que les peuples, eux, n’aiment pas se massacrer, même mutuellement…
Autant de vérités de simple bon sens qu’on a failli oublier, ici en Occident, après les mésaventures américaines en Irak, alors que toute l’histoire du XXe siècle nous l’avait si durement enseigné. La démocratie naît de l’homme, de sa volonté de s’affranchir et de vivre avec l’espoir continu d’améliorer son sort et généralement pas de la guerre.

La démocratie est le bien, la dictature le mal
Alors oui, il faut soutenir les apprentis démocrates et tous ceux qui aspirent à le devenir. Mais soutenir les démocrates, sans intervenir par la force, est-ce possible? Mais oui, bien sûr, il suffit de cesser de soutenir ceux qui ne veulent pas entendre parler de démocratie et, surtout, surtout, cesser de leur donner raison contre des démocraties… Ceux pour qui l’Amérique représente le grand méchant loup, qu’on peut se permettre de traiter de tous les noms, devraient sans doute méditer sur les paroles de Jean Rostand (“Inquiétudes d’un biologiste”): «Tant qu’il y aura des dictatures, je n’aurai pas le cœur à critiquer une démocratie».

La démocratie a toujours raison contre la dictature. Voilà qui devrait être la devise des peuples civilisés.
Par Jean-Michel Rochet

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La démocratie a toujours raison contre la dictature. Voilà qui devrait être la devise des peuples civilisés.