Sur la quarantaine d’employés qui ont fait grève chez Franck Muller SA l’été dernier, seuls deux travaillent encore dans l’entreprise. Une bonne moitié a été licenciée, une autre a été contrainte à démissioner. Le syndicat Unia lance un cri d’alarme face à la politique de répression que subissent les employés qui osent s’attaquer aux problèmes persistants de harcèlement moral et sexuel qui perdurent au sein de l’entreprise. Des problèmes qui jusqu’à présent ont toujours été niés en bloc par la direction. Une enquête de l’Inspection du travail est en cours, mais ses résultats ne seront communiqués qu’à l’entreprise concernée…
 
Les dénégations systématiques de la direction de Franck Muller SA sont préoccupantes. Récemment, son directeur, Vartan Sirmakes, niait face à la presse que la firme ait prononcé des licenciements depuis décembre. Pourtant, le syndicat a récolté de nombreux témoignages concordants. L’entreprise a licencé plus de 20 collaborateurs depuis le dernier mois de l’année passée. Et nombre de ces congés sont abusifs. Plusieurs d’entre eux constituent des licenciements-représailles pour sanctionner les collaborateurs qui ont participé au débrayage de cet été. La plupart des employés ont été congédiés après de soi disant «évaluations non satisfaisantes», alors qu’aucune évaluation n’a été menée et qu’aucune critique précise ne leur a été faite. Unia soutiendra une dizaine de ces cas devant le Tribunal des Prud’hommes ces prochains mois.
 
Autre méthode de répression possible: la censure. Le blog mis en ligne par des employés afin de s’exprimer sur leurs conditions de travail et témoigner de leurs réalités professionnelles a été fermé. Soudainement, l’hébergeur a cessé d’accueillir la page Internet sans explication. Le cabinet d’avocat prestigieux mandaté par Franck Muller SA avait demandé avec insistance à Unia de le fermer, avec menace de déposer plainte pénale,  alors que le syndicat n’y était aucunement mêlé. Ce cabinet serait-il intervenu auprès de l’hébergeur?
 
D’autres témoignages convergeants sont inquiétants. Nombre d’employés font part du départ du personnel le plus compétent, de demandes de bricolages douteux sur des pièces de montres, de retards de paiements importants dans les factures aux fournisseurs, etc. Le personnel a aussi indiqué que le stock de montres de luxe s’élève actuellement de 40’000 et 70’000 pièces et que la production a été sévèrement revue à la baisse. D’autre part, le chantier d’aggrandissement du site de Genthod est arrêté depuis septembre et le chantier de construction prévu à Neuchâtel, sur le site Les Bois, n’a toujours pas débuté. Autant de signes qui interrogent sur la santé économique réelle du groupe.

Syndicat Unia
Région Genève

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Syndicat Unia.