Ce lundi 8 janvier, à l’invitation du Club Soroptimist Genève Fondateur et de la Jeune Chambre Economique de Genève, le Conseiller d’Etat François Longchamp, en charge du Département de l’emploi et de la solidarité, est venu s’exprimer sur la problématique du chômage à Genève.

68 chômeurs en Suisse en 1968!
Si, a première vue, ce sujet n’est pas vraiment un « scoop », le magistrat a fait la démonstration des particularités genevoises et suisses, et a commenté les mesures prises récemment par le gouvernement afin de lutter contre un taux de chômage exagérément élevé. « Il faut bien se rendre compte que la situation de plein emploi est plutôt une exception dans l’histoire. La situation que nous connaissons depuis quelques années, avec un chômage persistant, est en fait un phénomène normal lié à l’activié économique », a précisé le conférencier, qui a rappelé la situation, tout à fait exceptionnelle, lorsque 68 chômeurs étaient inscrits en Suisse, en 1968! Quant au cas Genevois, avec ses 6,8% de chômeurs (soit le double de la moyenne nationale), François Longchamp a d’abord voulu « tordre le cou » à cette réputation consistant à croire qu’une majorité de chômeurs se complaisent dans leur situation de sans emploi. « Croyez-moi, ces chômeurs ne choisissent pas leur statut et vivent parfois très difficilement cette situation. Avoir une profession, c’est une raison essentielle dans la vie sociale et familiale. Perdre son emploi, c’est, selon les cas, dramatique », a poursuivi le Conseiller d’Etat.

Berne dit « non » au système genevois
En revanche, le chômage longue durée (c’est à dire de plus de 12 mois) est une préoccupation pour le Conseil d’Etat. « Près d’un tiers des sans emplois, soit environ 5’000 personnes, se retrouvent dans la catégorie des chômeurs « longue durée ». Cela est tout à fait anormal ». François Longchamp a d’ailleurs expliqué ce phénomène par le système mis en place pendant des années et qu’il a qualifié de « large », pour ne pas dire en fait « généreux ». Effectivement, actuellement l’indemnité chômage est versée durant 18 mois (24 mois pour les personnes de plus de 50 ans). Si aucun emploi n’est trouvé, le chômeur a accès -c’est un droit – à un emploi temporaire d’une année dans l’administration, qui débouche sur une nouvelle période de 18 ou 24 mois. La Berne fédérale n’admet plus ce « renouvellement » de l’indemnité chômage et François Longchamp a donc annoncé de nouvelles mesures.

Des bilans remplaceront les emplois temporaires
Les emplois temporaires seront remplacés par des bilans individuels, afin de déterminer le plus exactement possible les solutions de retour en emploi. Les sommes consacrées aux emplois temporaires seront donc consacrées à ces bilans. François Longchamp s’est également adjoint la collaboration de l’Université de Genève, qui analysera le parcours de cent chômeurs et constatera – ou non – l’évolution de ces cas dans le cadre de ces nouvelles mesures. Puis le Conseil d’Etat a également décidé de traquer le travail au noir, afin de lutter contre un phénomène qui pénalise à la fois l’Etat et les entreprises qui respectent les règles. « Je serai très strict à cet égard, et je ferai publier le nom des entreprises qui violent la loi ».
Le conférencier a encore souligné, à l’intention des chefs d’entreprises présents, l’importance d’une candidature « chômage » et de bien peser cette demande, notamment au plan humain, lors d’un processus de recrutement.

Une conférence qui a donné un éclairage complet sur la situation genevoise et qui a également prouvé la volonté politique d’un magistrat décidé à endiguer un mal devenu insupportable à bien des égards.

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François Longchamp, Conseiller d’Etat en charge du Département de la solidarité et de l’emploi