Si pour Christian et Richard Mathys l’année 2006 a été l’occasion de jeter un coup d’œil dans le rétroviseur, cet anniversaire a surtout été la preuve que ambition et ténacité forment une combinaison gagnante dans le monde éminemment «friable» des PME. «Quand je regarde le chemin parcouru avec mon frère, je me dis que le résultat est aussi facile et logique, qu’inattendu et âpre», concède Christian Mathys. «Créer son entreprise est le rêve de beaucoup, et je crois qu’il faut encourager ces aspirations. Mais le rêve, lorsqu’il se transforme sur le terrain, c’est aussi de durer, créer et préserver des emplois. Cet aspect là est moins évident parce que l’entrepreneur prend non seulement des risques financiers, mais également une responsabilité sociale. Pour mon frère et moi, cette deuxième dimension est très importante».

Deux frères, deux formations complémentaires
Aujourd’hui, Mathys SA c’est 50 collaborateurs, dix métiers différents, des outils technologiques performants, 5’000 mètres carrés de locaux et une forte présence sur le marché des salons, des expositions et du marquage publicitaire, en Suisse comme ailleurs en Europe. Mais comment cela a-t-il démarré? En résumé: deux frères, des formations complémentaire, l’esprit d’indépendance et des opportunités.  Richard a une formation de peintre en lettres et Christian en mécanique et construction métallique. «Si mon frère exerçait une partie de ses activités dans l’univers des expositions, pour ma part je ne connaissais pas du tout ce domaine. Mais je sentais qu’il y avait là un potentiel et j’étais attiré par ce monde très créatif des «constructions éphémères», souligne Christian. Les deux frères, qui s’entendent parfaitement bien, ne tardent pas à unir leurs compétences et à offrir une première gamme de prestations. C’est le début de Mathys SA, et d’une collaboration étroite avec des institutions comme Palexpo.

Une entreprise de proximité
«Je me souviens qu’en 1981 nous démarrions au moment où Palexpo s’installait sur son nouveau site. Ce déménagement de Plainpalais au Grand Saconnex entraînait de grands changements, au niveau des surfaces, des infrastructures et de l’organisation des salons et expositions», rappelle Richard. C’était donc pour Palexpo un tournant, et pour Mathys un tremplin! «Nous avons commencé avec une petite structure, qui a permis aussi de créer des liens forts avec nos clients, qui sont vite devenus des partenaires. Je crois que la proximité, qui demeure un élément très vivace dans notre philosophie, a joué un rôle déterminant dans la croissance de notre volume d’affaires. Proximité signifie aussi rapidité, souplesse, écoute et confiance», déclarent de concert Richard et Christian.

La compétition est un moteur!
Avec les années, les activités de Palexpo et de l’infrastructure genevoise en général, la concurrence se sont intensifiées. Le développement de salons comme Telecom, ou celui si couru de l’automobile, et d’autres salons professionnels, a modifié le paysage où évoluent Mathys et ses confrères. «Cette concurrence est avant tout stimulante! Avec Richard, nous estimons que cette «compétition», si je peux l’appeler ainsi, est un moteur pour être toujours plus performant, plus inventif, offrir toujours plus de qualité et de produits nouveaux. Il est évident, et c’est une excellente chose, que nous ne pouvons pas travailler aujourd’hui comme il y a vingt ans! Nous ne sommes pas une entreprise qui cultive les traditions, cela surprend peut-être un peu, mais nous mettons en avant notre expérience. Et l’expérience nous permet d’être aujourd’hui et demain meilleurs qu’hier!»

«Les choses ne bougent que si l’on rêve», a déclaré un jour Andrée Putman, l’une des plus grandes architectes et créatrices d’objets et de lignes de meubles. Cette phrase, Christian et Richard Mathys pourraient l’emprunter à son auteur, car ils ont en commun cette passion des projets, qui, du statut de rêve deviennent réalité.

Moi, stand à la Cité des Métiers
Il faut que je vous raconte mon histoire sans tarder, parce que je suis ici de passage et dans quelque temps, il n’y aura plus de trace de moi, hormis dans la mémoire de ceux qui m’auront…allez, bravons la modestie, admiré! Comme beaucoup de mes voisins, je suis né sur des plans, réalisés par quelqu’un de très imaginatif. Je crois qu’il est chef de projet chez Mathys SA, vous savez, cette société qui vient de fêter ses 25 ans! Il y en a eu des plans, ça je peux vous le dire! Ce n’est pas que l’accouchement était difficile, ça non, mais le client qui m’avait dans la tête était aussi exigent et pointilleux que le chef de projet. Deux pointilleux, ça promet, devez-vous vous dire, mais le résultat est là. Ma foi, très réussi. Je m’aime bien, même beaucoup. Il y a une structure architecturale sobre qui met en valeur les activités du client. Une moquette douce, des lumières indirectes, du mobilier accueillant, des présentoirs contemporains. Des affiches lumineuses, colorées, diffusant des messages clairs. C’est vrai qu’avec cette foison de stands, il ne faut pas trop en dire, mais quand même assez. Enfin, le bon équilibre, quoi! Et ça, chez Mathys, ils savent faire. Au point, qu’il y a un ou deux stands, là bas, qui pourraient même être aussi beaux que moi. Pas plus beaux, hein? Juste qui pourraient peut-être, éventuellement, et dans certaines limites, aussi bien! Ah, la vie d’un stand, c’est super, mais on attrape vite la grosse tête, vous ne trouvez pas? Mais ce n’est pas grave, car on est juste là pour quelques jours, et on aime ça».

En 25 ans, que d’évolutions!
Au commencement était la peinture sur lettres, la conception et la réalisation de stands. Puis, la demande se faisant de plus en plus forte, les frères Mathys ont étoffé leur offre, créé des métiers, complété leur gamme et lancé ce slogan qui veut tout dire: «Synergies créatrices». Encore tout récemment, à l’occasion des 25 ans de la maison, un nouveau logo a été inauguré et une campagne sur le thème de la voile a été élaborée. Le grand large, les horizons nouveaux, la précision, l’esprit d’équipe, l’adaptabilité, la performance, le bon cap… cette symbolique correspond bien aux valeurs défendues par les frères Mathys. Aujourd’hui, la société Mathys SA est organisée en cinq départements: «le design et l’architecture», la «location de stands modulaires et de mobiliers», «l’impression numérique grand format et marquage publicitaire», «les supports de communication et de promotion» et le «multimé-dia interactif et structures audio-visuelles». L’activité de Christian Mathys porte sur les secteurs exposition et multimédia, alors que son frère Richard a la charge des visuels et des supports de communication (display). Une réelle complémentarité caractérise les deux frères, voire même une complicité. Une entente qui n’est pas courante dans le monde des affaires et qui fonctionne ici parfaitement bien, même après 25 ans. Christian et Richard, qui ont tout juste franchi la cinquantaine, ont conscience qu’un jour il faudra assurer la relève. «On y pense, sans que cela soit une priorité. Mais tout entrepreneur doit voir loin et tous les cas de figure sont à envisager, de la transmission de l’entreprise à une nouvelle génération à l’ouverture du capital. Mais d’ici-là, il y aura encore des évolutions et de nombreux changements. Vivons-les avec passion et les bonnes décisions viendront naturellement et en temps voulus».

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Les frères Mathys et leurs épouses