Cette série de projections et de rencontres prend les archives et la collection d’œuvres du Centre pour l’image contemporaine, Saint-Gervais, Genève (fermé en 2008) comme objet de réflexion sur l’émergence de la vidéo, ses usages artistiques depuis la fin des années 1960 jusqu’aux premières années du XXIe siècle, son institutionnalisation, le pouvoir critique et transformateur de ses pratiques.
Associant productions historiques, récentes, inédites, cette série met à jour des histoires toujours inachevées qui invitent à reconsidérer l’historiographie de cette période, les relations entre passé, présent, futur, entre le réel et le possible.

contre – mémoires

exposition à la Médiathèque
du 15 avril au 7 mai 2016

vernissage le jeudi 14 avril à 18h

avec des films de Mareike Bernien / Kerstin Schroedinger, Gilles Lepore / Maciej Madracki / Michal Madracki, Chris Marker, Bernard Meister, Elio Petri, Catarina Simão et une installation de Christine Lemke

En déplaçant Richard II dans un modeste appartement qui tient lieu de suite royale, en substituant au corps du monarque le corps frêle d’un acteur non-professionnel à la voix marquée par un fort accent, La lettre du roi (B. Meister, 1982) pastiche le souverain avec une force satirique, subversive. Raillant la dignité des rois, tournant en dérision leur pompe et jusqu’au pathétique de leur mort, la parodie brise l’injonction (énoncée dans le texte de W. Shakespeare qui sert de source à ce film) de se rassembler pour écouter l’histoire que les puissants racontent d’eux-mêmes, de former une communauté subjuguée par les récits de leurs désagréments ou de leurs fastes – une communauté captive de l’histoire de leur pouvoir et de leur domination.

Le dernier programme de la série Unfinished histories – histoires en devenir à la Médiathèque suit cette incitation à se déprendre de l’emprise de tels récits, de cette version hégémonique de l’histoire. A un âge où l’histoire est largement médiatisée, où les médias deviennent les dépositaires et les garants de la mémoire individuelle et collective, les travaux présentés ici réfléchissent à la force de transmission des récits. Ils invitent à des lectures attentives, entreprennent l’archéologie de gestes, traversent les strates des images. Ils redirigent l’oeil vers un nouvel état d’attention. Ils donnent consistance à diverses contre-mémoires capables non seulement de s’opposer aux versions officielles de l’histoire, mais aussi de mettre en question le régime de vérité qui les régule et l’autorité de l’histoire dans laquelle ce régime exerce son pouvoir.

commissaires: Maria Iorio et Raphaël Cuomo

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