La Singine est unique en son genre: dans une étude internationale réalisée par le WWF Allemagne sur 15 cours d’eau alpins, elle obtient les meilleurs résultats. Ce bijou de la nature est pourtant menacé. Il est en effet prévu de construire une nouvelle petite centrale hydraulique sur la rivière alpine la plus précieuse d’Europe.

Sauvage et intacte, elle se déverse dans une gorge impressionnante: traversant les cantons de Fribourg et de Berne, la Singine fait partie des derniers fleuves alpins naturels d’Europe. Les experts la considèrent tout simplement comme un joyau de la nature. Ce n’est donc pas un hasard si cette rivière longue de 35 kilomètres, qui serpente entre le lac Noir et l’embouchure de la Sarine, a obtenu la meilleure note dans une étude internationale réalisée par le WWF Allemagne.

L’étude s’est penchée sur le caractère naturel de 15 cours d’eau alpins en Allemagne, en Autriche et en Suisse. Des critères tels que la qualité de l’eau, la continuité biologique et les habitats. Il ressort que seuls 10% des cours d’eau étudiés sont encore naturels. La Singine obtient en revanche un score de 95% qui la place en tête du classement de l’étude. Les deux autres fleuves suisses examinés, la Reuss et la Thur, obtiennent des notes moyennes.

«Ce résultat nous engage véritablement à préserver la Singine chaude dans toute sa splendeur», souligne Nicole Camponovo, secrétaire régionale du WWF Fribourg. Quant à savoir si cela sera possible, rien n’est moins sûr pour l’instant. En effet, les forces motrices bernoises FMB veulent construire une centrale hydraulique sur la Singine, un projet devisé à 5 millions de francs. Le WWF s’y oppose et exige que les autorités protègent de manière exhaustive le bassin versant de la rivière. Le canton de Berne a déjà placé la Singine sous protection. Il est donc grand temps que Fribourg agisse maintenant aussi en ce sens. «Il existe en Suisse suffisamment d’autres emplacements et d’alternatives pour la construction de centrales. Il n’est pas nécessaire de sacrifier le plus précieux des fleuves alpins dans ce but», souligne Andreas Knutti, expert auprès du WWF.

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© Michel Roggo / roggo.ch