En créant en 1987 le journal de l’Emploi, devenu l’Extension, j’ai pu compter sur votre confiance et vos encouragements. Cela n’allait pas de soi. Nous étions à la fois proche du commerce et de l’économie, mais bien petits et indépendants.

Cette démarche de proximité, s’adressant à ceux qui font marcher l’économie privée, proposant un support facilitant la recherche d’indispensables bons collaborateurs vous plaisait, dès lors qu’en plus la ligne rédactionnelle apportait un soutien constant à ce milieu, en ayant une approche assez originale pour qu’elle représente un complément à ce qui existait déjà.

Malheureusement, en août 1990 l’invasion du Koweit par l’Irak, les changements politiques à l’Est et l’éclatement de la bulle immobilière, provoquèrent un arrêt brutal et durable jusqu’en 1997 de la croissance moyenne de 4 %. Le chômage sévit et le titre de notre publication devint inapproprié. On le changea en exprimant notre confiance en l’avenir. L’Extension.

Dans ces moments difficiles, cher Jean, l’entrepreneur et commerçant que vous êtes m’appris à ne jamais baisser les bras. A serrer les dents. A s’adapter aux situations inattendues.

Ce que vous avez fait avec conviction pour l’Extension, vous l’avez entrepris pour d’autres et pour le commerce genevois en général dont bénéficie la population. Vous avez mis en place et largement supporté, une structure pour rassembler les commerçants du Centre-Ville, y compris des récalcitrants. Mais oui il y en avait. Vous avez obtenu l’établissement d’une réelle collaboration avec les Autorités. Vous vouliez que l’aménagement des rues Basses devenues piétonnes, après la construction de la galerie technique, soit réalisé avec bonheur pour créer un lieu convivial et accessible. «Le Centre-Ville doit être le plus grand et le plus animé centre commercial de Genève» déclariez-vous en ajoutant «Il en va de la survie sociale et économique de la Ville».

Accessible disiez-vous! Evidemment à un certain moment les transports publics ne suffisent plus et la voiture s’impose, au minimum, comme un indispensable complément. Que serait la Ville de Genève sans «votre» parking sous-lacustre dont le doublement s’impose naturellement et bien mieux que d’autres solutions, mais que certains milieux combattent avec une constance aveugle depuis si longtemps. Opposition à votre projet de l’Alhambra, qui en plus créait un lien avec la Vieille Ville, opposition à celui de la Place Neuve et à Pré-L’Evêque. Même le parking de Cornavin avait fait l’objet d’un référendum!

Oui, cher Jean, si on vous avait suivi avec le projet d’une modeste traversée en tunnel de la rade, celle-ci soulagerait depuis des années les encombrements que nous subissons. Bien sûr la terminaison de l’autoroute de contournement avec une traversée du lac et un raccordement s’impose urbanistiquement, mais pour quand? Ceci étant, si cet ouvrage voit le jour, vous n’en serez pas étranger.
Vous avez été de tous les combats en faveur de la prospérité de notre canton. L’économie est fragile. Certaines édiles dogmatiques, qui n’ont jamais eu la responsabilité de s’en occuper l’oublient et s’en prennent aveuglément à une croissance que vous avez toujours voulu qualitative.

A l’occasion de votre anniversaire, vous n’avez pas parlé que du passé mais de projets! Cheminez encore avec nous pour les réaliser.
Merci cher Jean!