Expert-comptable en France et en Suisse, Jean-François Pissettaz a toujours aimé Genève et encore davantage depuis qu’il y habite. Passionné d’histoire et franchisseur de frontières depuis de longues années, il s’est offert un moment de pause, entre la Place du Bourg-de-Four et les hauts de la Treille, pour nous confier quelques secrets de son jardin… transfrontalier.

En 1797, Maurice Pissetta, originaire du Piémont, s’installe en Savoie, à Rumilly, avec sa famille. Lui et ses descendants œuvreront dans les métiers du bâtiment jusqu’au grand-père de Jean-François, Maurice Pissettaz (le «z» étant arrivé au moment du rattachement de la Savoie à la France). «Mon père André a mis fin à cette lignée de bâtisseurs, il a dirigé une société de distribution de matériel pour l’Industrie et l’automobile. Alors qu’il aurait préféré que j’aille faire des études de commerce à Lyon, j’ai choisi de suivre une formation supérieure d’expertise comptable». Issu d’une famille catholique, Jean-François Pissettaz effectue sa scolarité sous l’autorité des Oblats de Saint François de Sales au Collège Saint-Michel à Annecy. «Nous avions des correspondants à l’Institut Florimont qui dépendait de la même congrégation religieuse». Pour la petite histoire, c’est chez un ami et ancien élève de Florimont à Chambésy qu’il rencontrera sa future épouse Marie-Claude. Pour l’homme, les frontières rapprochent plus qu’elles n’éloignent.

Genève en famille
Jean-François Pissettaz rappelle qu’il connaît Genève depuis sa plus tendre enfance. Petit, il venait y passer les week-ends avec ses parents. Et naturellement, comme les enfants reproduisent ce que font leurs parents, c’est avec sa propre famille qu’il y est venu à son tour pour les mêmes raisons. Il a quatre enfants: un garçon de 37 ans et trois filles de 33, 31 et 26 ans, et huit petits-enfants dont six petites-filles… De quoi voir l’avenir en rose!

L’indépendance
Le diplôme en poche, après voir exercé le métier dans deux cabinets lyonnais de bonne renommée, il décide de se mettre à son compte. Nous sommes en mars 1977, il n’a pas encore 28 ans. D’entrée de jeu, il sera confronté à des dossiers qui orienteront durablement la marche de ses affaires. De 1977 à 1993, le cabinet développera toute une clientèle franco-suisse et notamment des promoteurs genevois qui voulaient opérer en France… C’est d’ailleurs l’un d’eux qui lui conseillera de venir s’établir en Suisse… et en 1993, le voilà qu’il rachète la fiduciaire de la Corraterie! «Je construis ma vie match après match. Ma vie s’est construite avec des portes qui se sont ouvertes successivement». Cette fois-ci, ce sont des entreprises françaises qui viennent le consulter pour s’implanter de l’autre coté de la frontière, ce qui donne du travail à moudre en permanence: «Mes journées commencent à 7h30 et finissent à 23h, entre parfois du culturel, des séances d’arrêtés de bilan et des dîners d’affaires» poursuit le dirigeant.

Place du Bourg-de-Four
«La Place du Bourg-de-Four est un endroit que j’aime beaucoup, elle est synonyme de diversité. C’est pour moi le cœur de la ville. J’y viens pour retrouver les racines de Genève. Ici, tout bascule entre l’histoire, le présent et l’avenir; la Genève du passé se mélange à la Genève moderne. C’est un lieu chargé d’histoire mais on y trouve également les grandes institutions d’aujourd’hui comme la Justice, le Gouvernement et tout cela dans une grande tranquillité qui en fait un lieu assez sécurisant… Pour construire mes dossiers, je viens très souvent sur cette place car j’y trouve de l’inspiration. Plus j’y passe et plus j’ai le sentiment d’appartenir à Genève. C’est un peu mon jardin urbain. Je me mets en spectateur du monde qui m’entoure, je vois tout le monde et personne ne me voit. En soi, c’est aussi sur ce modèle que le monde doit se structurer, c’est un lieu empreint de dialogue et de compréhension. Un autre lieu que j’apprécie est le haut de la Treille, c’est parfait pour la contemplation. Ce dont j’ai besoin, c’est de l’authentique, du vrai… Quand je fais du ski avec mon épouse, on recherche immédiatement à sortir des pistes et à laisser de belles traces dans la neige immaculée…» Perfectionniste, amoureux du travail et des détails bien faits, Jean-François Pissettaz joue la carte de l’entier dans la diversité. Atout maître dans son métier.

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Jean-François Pissettaz, Expert-comptable en France et en Suisse