Les coiffeurs pourraient encourir un risque accru de cancer en raison des colorants et d’autres produits chimiques qu’ils utilisent, selon le Centre international de recherche sur le cancer (IARC/CIRC), l’agence chargée du cancer de l’Organisation mondiale de la santé.

L’agence de l’OMS, dont le siège est à Lyon (France) « réaffirme » ainsi que les quelques millions de coiffeurs, de coiffeuses et de barbiers dans le monde exercent un métier classé comme cancérigène « probable », est-il écrit dans le numéro d’avril de la revue spécialisée britannique The Lancet Oncology.

Un risque faible, mais conséquent, de cancer de la vessie chez les coiffeurs est ainsi relevé, ce risque apparaissant moins marqué chez les coiffeuses.

En revanche, les experts qui se sont réunis à Lyon en février n’ont pas trouvé d’argument épidémiologique pour porter un jugement sur un éventuel risque particulier de cancer chez les personnes qui se colorent elles-mêmes les cheveux. Environ 35% des femmes et 10% des hommes se colorent les cheveux en Europe, au Japon et aux États-Unis.

Une longue « monographie » sur le métier de coiffeurs détaillant les produits qu’ils manipulent a été mise en ligne pour accompagner la parution de Lancet Oncology. Cependant, la dernière mise à jour à ce sujet paraîtra dans le volume 99 de ces monographies, précise le CIRC.

17 experts de sept pays réunis en février à Lyon ont passé en revue les données portant sur un certain nombre de produits chimiques. Ils ont ainsi identifié quelques substances -des amines aromatiques- supplémentaires comme cancérigènes.

L’ortho-Toluidine utilisé dans la production de pigments et le « MOCA » utilisé dans l’industrie du plastique sont ainsi classés comme cancérigènes.

Chez les coiffeuses, certaines études mettent en exergue un risque accru de cancer des ovaires et d’une forme de cancer sanguin, le lymphome non-hodgkinien, mais sont contredites par d’autres études.

Le CIRC avait, pour d’autres raisons, classé en novembre 2007 le travail posté de nuit comme cancérigène probable.

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17 experts de sept pays réunis en février à Lyon ont passé en revue les données portant sur un certain nombre de produits chimiques.