Centime climatique, taxe sur le CO2, loi sur l’environnement. Les initiatives politiques,visant à réduire les causes du réchauffement planétaire annoncé, n’ont jamais été aussinombreuses. Parallèlement, pour des raisons d’ordre économique, la hausse du prix du baril incite plus que jamais à se tourner vers des sources d’énergie alternatives : soleil,bois, chaleur ambiante, géothermie, vent, eau, biogaz, pour ne citer que les plus courantes. Depuis son lancement, en 1998, le label MINERGIE® encourage à opter pourdes solutions intégrant des énergies renouvelables lors de toute nouvelle construction ou rénovation.

Energies renouvelables : petite mise au point
On parle de plus en plus des énergies renouvelables (ER) sans toujours savoir très précisément que recouvre cette appellation ni quels sont les véritables enjeux de leur mise en oeuvre. Il s’agit d’une source d’énergie qui se renouvelle suffisamment rapidement pour être considérée comme inépuisable à l’échelle de l’être humain, à la différence des énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz)disponibles sous forme de réserves limitées. Les ER sont issues de phénomènes naturels réguliers ou constants provoqués par les astres, notamment le Soleil (lumière), mais aussi la Lune (marée) et la Terre (énergie géothermique). L’utilisation des ER ne date pas d’hier : moulins à vent, feux de bois et thermes en sont quelques exemples.

Des enjeux notables à plusieurs niveaux
Le premier choc pétrolier en 1973 a déclenché un processus de développement des ER. Depuis, le prix des énergies fossiles augmente de manière plus ou moins constante, l’intérêt pour les ER aussi. En Suisse, les conditions cadres politiques actuelles n’encouragent pas suffisamment le développement de ces sources d’énergie. Bien que d’un point de vue technologique le savoir-faire
soit présent, leur application est encore assez timide, comparée à certains pays voisins, tels que l’Allemagne, l’Autriche et l’Espagne. Or le développement des ER présente un intérêt stratégique à long terme. En utilisant des ER, on diminue les nuisances environnementales provoquées par les énergies fossiles (effet de serre, pollution, pluies acides, etc.) tout en prolongeant l’utilisation de ces dernières pour des produits spécifiques (p.ex. la fabrication de plastiques ou de médicaments à base de pétrole). Les ER assurent par ailleurs une certaine indépendance par rapport à la production et à l’approvisionnement. Les installations fonctionnant avec des ER sont plus économiques à l’exploitation et génèrent de nouveaux emplois, notamment au niveau régional.

Encourager leur utilisation dans la construction
Le label MINERGIE® se base sur deux grands principes visant à optimiser l’utilisation des énergies, qu’elles soient renouvelables ou non. Dans un premier temps, le label appelle à diminuer la consommation énergétique d’un bâtiment en réduisant ses pertes thermiques. Concrètement, cela se traduit par des solutions efficaces au niveau de l’isolation thermique et de l’étanchéité de l’enveloppe du bâtiment. A ce stade, la forme du bâtiment peut également avoir un rôle à jouer.Dans un deuxième temps, les alternatives pour couvrir les besoins énergétiques restants (chauffage, production d’eau chaude sanitaire et électricité) sont examinées. Bien que leur utilisation ne soit jamais « obligatoire », les ER sont sciemment favorisées, notamment grâce à des facteurs de pondération utilisés lors du calcul justificatif de MINERGIE®. Ainsi, par exemple, la valeur de l’énergie produite grâce au soleil, à la chaleur ambiante ou la géothermie sera pondérée à zéro, celle de la biomasse (bois, biogaz ou gaz d’épuration) à 0.5, alors que les énergies fossiles possèdent un facteur 1.0. L’électricité est, quant à elle, la source d’énergie la plus pénalisée avec un facteur 2.0, à l’exception de celle issue d’installations photovoltaïques.

Energies renouvelables dans deux immeubles d’habitation à Genève, exemple
La Codha, maître de l’ouvrage principal des deux immeubles sis au chemin des Ouches 14-16 à Genève, est une coopérative qui rassemble des personnes aspirant à un style d’habitation différent. Outre une qualité de vie basée sur la participation, la convivialité et la solidarité, la Codha cherche à intégrer au mieux les principes du développement durable dans ses réalisations. Elle porte notamment une attention particulière aux matériaux utilisés et cherche à minimiser la consommation d’énergies non renouvelables, tant à la construction qu’à l’exploitation. Le processus participatif était basé sur trois principes devant présider à cette nouvelle construction : l’économie, l’écologie et le confort.
Concrètement, il s’agit de deux bâtiments de cinq étages comportant 27 logements en habitation mixte et 2 grands appartements occupés par des personnes en formation, inscrits dans un quartier de six immeubles reliés par un garage souterrain. S’ouvrant sur l’espace vert entre les deux bâtiments, les façades principales, revêtues de lames en mélèze, sont dotées de généreuses
coursives servant à la fois de distribution horizontale et de terrasse pour les coopérateurs. Les grandes baies vitrées laissent pénétrer la lumière et prolongent l’espace de jour sur la coursive.
Pour atteindre les performances requises par le label MINERGIE®, la Codha a opté – en plus d’une isolation thermique et d’une étanchéité optimale de l’enveloppe – pour une chaudière à granulés de bois servant à la production de chaleur ainsi qu’à un peu plus de la moitié de la production annuelle d’eau chaude sanitaire. L’autre moitié est produite grâce à des capteurs solaires disposés en toiture. Les logements sont chauffés au moyen d’une installation de chauffage au sol à basse température. Le système d’aération contrôlée est à double flux, c’est-à-dire qu’il récupère la chaleur de l’air vicié avant que celui-ci soit extrait. En hiver ainsi qu’à l’entre-saison, les apports
solaires passifs sont optimisés grâce aux grandes baies vitrées présentes sur les façades exposées.
Grâce à une installation de modules photovoltaïques équipant depuis la fin du printemps la toiture des deux bâtiments, la Codha contribue à la production d’électricité. Mise en service au début juin 2006, cette installation produira annuellement 9’170 kWh par bâtiment, soit 18’340 kWh au total.
Selon l’installateur, cette énergie permet de couvrir les besoins annuels de 6 familles « standard » ou de 12 familles très économes (ménage de 4 personnes). Sur le plan pratique, l’électricité produite par la Codha est achetée à un coût intéressant par les Services industriels genevois (SIG) qui la réinjectent dans le réseau électrique de la ville.

Les Ouches 14-16 à Genève : intervenants et données techniques
Maîtres de l’ouvrage : Codha – Coopérative de l’habitat associatif
La Ciguë – Coopérative de logement pour personnes en formation
Architectes : Hervé de Giovannini (projet final et réalisation)
Collectif d’architectes (auteur du projet initial)
Ingénieur civil : Lebet & Annen
Ing. chauffage/ventilation : Putallaz Ingénieur Conseils
Ingénieur sanitaire : Frédy Margairaz
Ingénieur électricien : Zanetti Ingénieurs Conseils
Durée des travaux : début 2003 – été 2004 (entrée des coopérateurs : 1er août 2004)
Label MINERGIE® : GE-021 (obtenu le 22.12.2004)
Chauffage : 100% chaudière à granulés de bois (pellets, puissance 110 kW)
ECS (eau chaude sanitaire) : 42% solaire thermique (18 capteurs, 72 m2) et
58% chaudière à granulés de bois
Electricité : 2 x 78.7 m2 modules photovoltaïques, soit 2 x 9’170 kWh / an
SRE (surf. référence énergétique) : 2 x 2’022 m2, soit 4’044 m2
Nbre logements Codha : 27 (au rez : 7 app. de 3 à 5 pièces ; étages côté nord : 8 app. de
5 pièces ; étages côté sud : 12 duplex de 6 pièces)
Nbre logements Ciguë : 2 duplex de 12 pièces chacun, destinés à 2 groupes de 10 pers.
Surface parcelle : 1’571 m2
Emprise au sol : 2 x 480 m2
Surf. nette moyenne : 19.24 m2 / pièce
Volume SIA : 16’489 m3
Prix/m3 SIA : CHF 534.-

Contact
Marc Tillmanns, Responsable de l’Agence MINERGIE® romande
Tél. : +41(0)26 321 53 25, romandie@minergie.ch
Images LDD Romain Sunwatt Bio.

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Minergie, un confort respectueux de l’environnement