La Ville de Genève va recevoir, mardi 21 décembre 2010 à 11h, le premier prix du concours national « Murs urbains et biodiversité» organisé par la Swiss Systematics Society (SSS) à l’occasion de l’année internationale de la biodiversité.
Cette compétition amicale organisée entre chercheurs et naturalistes de plusieurs villes de Suisse, avait pour but de répertorier les divers organismes associés à un mur de pierre en milieu urbain. En cette année de la biodiversité, l’objectif du projet était notamment de sensibiliser le public à l’existence d’une faune et d’une flore souvent cachées et ignorées, ainsi qu’à la richesse et à l’importance de ces biotopes si particuliers au coeur de nos villes. Il était également important d’attirer l’attention du public et des autorités sur la disparition de ces véritables écosystèmes que sont les vieux murs et qui hébergent une part importante de la biodiversité urbaine. Ces vieux murs en pierres constituent un habitat exceptionnel et indispensable à la vie de nombreux animaux, en particulier les reptiles et les invertébrés, ainsi qu’à de nombreux champignons, lichens, mousses et plantes à fleurs. Ces murs, qui constituent des refuges urbains ainsi que des réseaux écologiques pour toute une faune et une flore caractéristiques, sont malheureusement menacés et en voie de disparition. En effet, les réfections menées au nom de la modernisation, du « propre en ordre » et de l’embellissement entraînent un ravalement des vieux murs et par conséquent la disparition des précieuses anfractuosités. Ces dernières constituent, en effet, l’un des facteurs primordiaux permettant le développement et la présence conséquente d’une faune et d’une végétation riches en espèces.

Genève – ou plutôt son Mur de la Treille ! – a remporté ce concours original, devançant de peu un concurrent neuchâtelois. En effet, ce ne sont pas moins de 149 espèces de mousses, lichens, papillons, plantes à fleur, mollusques, acariens, oiseaux et autres scarabées qui ont été répertoriés à son contact par les chercheurs du Muséum et des Conservatoire et Jardin botaniques! Parmi les espèces répertoriées, les scientifiques ont même identifié une espèce de
papillon nocturne qui n’avait encore jamais été signalée sur le territoire genevois! Ce projet illustre bien le fait que la biodiversité n’est pas toujours spectaculaire et exotique mais qu’elle peut aussi être discrète et locale.

Avec le concours « Murs urbains et biodiversité», la Swiss Systematics Society (SSS) souhaite également rappeler qu’avant de vouloir protéger notre flore et notre faune, il faut être capable de la reconnaître, de l’inventorier et de la décrire. Un tel projet vise donc à mettre en évidence l’importance de la systématique et de la connaissance apportée par les différents spécialistes de la faune et de la flore lorsqu’il s’agit d’inventorier la biodiversité d’un écosystème particulier. Il est donc capital de continuer à promouvoir l’enseignement et la recherche dans les domaines de la systématique et de la taxonomie en zoologie et en botanique.

Classement du concours
1. Genève Genève (149 espèces)
2. Neuchâtel (118 espèces)
3. Berne (55 espèces)
4. Lausanne (23 espèces)

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Le mur lauréat de la Treille : les chercheurs ont recensé 149 espèces de plantes, de champignons et d’animaux vivant sur ce mur et dans ses anfractuosités !