Le mois passé, assis à la terrasse d’un café du Boulevard Saint Germain, je déjeune en lisant le journal comme à mon habitude dès que je suis à Paris. Tout va bien. Mais dès que le garçon m’apporte l’addition de 18 euros pour un café et une tartine, je prends conscience que la vie est devenue très chère pour un touriste avec des francs suisses. Cela fait quand même près de 30 francs! Autant dire l’équivalent d’une assiette de filets de perches à Genthod au bord du lac! Tous les Suisses ont, depuis peu de temps, dû expérimenter cette nouvelle réalité: l’euro est cher, très cher. Même les frontaliers font leurs courses chez le boucher à Genève. Les prix de la viande suisse étant plus abordables que ceux affichés en France. Du jamais vu depuis très longtemps.

Désormais, la vraie question est: «un euro fort est-il bon pour notre propre conjoncture?». La réponse est évidemment: «oui»! En effet, comme nous sommes un pays qui exporte de nombreux produits et services vers la zone «euro», alors la faiblesse relative de notre monnaie est favorable à notre économie, car elle élève sa compétitivité et par conséquent, augmente directement la production et indirectement, c’est bon pour mon travail. Finalement c’est ce qui importe le plus. Comme par ailleurs, le dollar dans la même période s’est affaibli face à notre monnaie nationale, le risque d’inflation est moindre (le négoce des matières premières comme le pétrole s’effectuant en dollars). Et pour les vacances, il reste toujours la possibilité de se rendre aux USA ou au Canada, devenus presque bon marché.

En bref, dans la situation conjoncturelle actuelle et contrairement à l’impression de perte de pouvoir d’achat que l’on pourrait avoir par rapport à nos proches voisins européens, l’euro fort est plutôt pour chacun de nous vivant en Suisse, une excellente nouvelle. Il est entendu cependant que ce type de fluctuation sur les monnaies fonctionne de manière cyclique. On peut donc se réjouir dans l’immédiat de cette situation jusqu’à la prochaine inversion de tendance…À suivre.