L’idée d’un plan de relance s’impose peu à peu aux Etats-Unis, où le patron de la Réserve fédérale Ben Bernanke s’est dit favorable à des mesures immédiates jeudi, à la veille de la présentation de propositions par le président George W. Bush pour stimuler la croissance.

M. Bush « va appeler demain à des mesures efficaces et temporaires pour soutenir la croissance, et il va présenter les principes de ce que pourrait être une approche efficace », a indiqué jeudi le porte-parole de la Maison Blanche, Tony Fratto.

Le président dévoilera ce plan très attendu alors que les craintes de récession se font de plus en plus fortes aux Etats-Unis, au point que le président de la Fed Ben Bernanke a apporté son soutien jeudi à l’idée d’un plan de relance.

« Une action budgétaire pourrait être utile sur le principe » a ainsi assuré M. Bernanke, pour qui une enveloppe de 50 à 150 milliards de dollars serait « un ordre de grandeur raisonnable d’un point de vue économique ».

Le très écouté patron de la banque centrale avait toutefois mis un sérieux bémol à ses propos, en affirmant qu’un plan de relance devait être « temporaire » et « mis en place rapidement » pour prétendre à l’efficacité.

Toute mesure mal conçue pourrait être contreproductive si elle portait ses fruits trop tard, avait-il ajouté, dans une critique voilée des appels aux baisses d’impôts favorisées dans le camp républicain. Les démocrates réprouvent ces mesures qui favorisent selon eux les riches, et même s’il envisagent d’alléger la fiscalité sur les ménages les plus modestes, ils privilégient surtout des pistes comme l’extension des allocations chômage.

Dans des remarques attendues vendredi autour de midi (17H00 GMT), M. Bush devrait dévoiler le type de mesures politiques envisagées, mais le porte-parole a averti qu’il ne fallait pas s’attendre à des propositions chiffrées.

« Il va parler des principes, du genre de mesures qu’il pense efficaces. Il est trop tôt pour dire ce qu’il y aura dans le plan final », a-t-il affirmé. Selon le Wall Street Journal, les mesures préconisées par M. Bush comprendraient notamment une remise d’impôt de 500 dollars par personne et des déductions pour permettre aux entreprises de défiscaliser une part importante –allant de 30 à 50%– de leurs investissements en matériel.

Le président a discuté des grandes lignes de ce plan lors d’une conférence téléphonique jeudi avec les responsables du Congrès, et « il est optimiste sur nos chances de pouvoir avancer », a ajouté M. Fratto. L’aval des démocrates est crucial pour pouvoir finaliser un plan de mesures économiques.

Ces remarques sur l’économie interviendront dix jours avant le très attendu discours sur l’état de l’Union, le 28 janvier.

Jusqu’à présent, les analystes s’attendaient à ce que M. Bush attende ce discours pour dévoiler son plan de soutien à l’économie, et pensaient qu’il se concentrerait surtout sur un appel à prolonger les programmes de baisses d’impôts décidés sous sa présidence, et qui doivent expirer à l’horizon 2010.

La présentation interviendra aussi en pleine campagne électorale où les risques de récession sont devenu une inquiétude majeure, dont se sont saisi les candidats démocrates à la Maison Blanche. Hillary Clinton et Barack Obama ont appelé à des plans de relance combinant extension des allocations chômages, aides aux ménages menacés par la crise de l’immobilier et déductions fiscales. Les républicains privilégiaient plus jusqu’à présent des mesures de baisses d’impôts.

img7563.jpg

Bush dévoile un plan pour stimuler la croissance américaine.