Le Centre d’Art Contemporain Genève se réjouit de présenter la première exposition monographique institutionnelle d’envergure de PAMELA ROSENKRANZ, jeune artiste suisse dont le travail suscite depuis plusieurs années l’intérêt de la scène contemporaine internationale. Elle a notamment exposé à la Manifesta ainsi qu’à la Biennale de Berlin en 2008. En 2009, elle a présenté « Nothing Unbound » dans le cadre de Art|Basel Statements et « Our Sun » à l’Institut Suisse de Venise.

L’exposition « No Core » fonctionne comme un méta-niveau dans l’espace d’exposition, ouvrant un espace de réflexion parallèle sur le corps et la rencontre difficile entre la perception mentale que l’on peut en avoir et son expression physique dans l’espace. L’exposition rassemble de nouveaux travaux produits pour l’occasion, parmi lesquels des photogrammes, des installations, des sculptures et une vidéo, le tout organisé comme une série répétitive.

Bien que le travail de PAMELA ROSENKRANZ explore une ligne conceptuelle très étroite, la pratique de cette artiste apparaît d’une grande légèreté par son usage du jeu, de l’ironie et de l’humour. En général, PAMELA ROSENKRANZ s’exprime par un élan mercurien, une physicalité sans forme et un sens omniprésent de la “mise en scène”. Ces notions distinctes mais entremêlées dessinent les contours de la pratique de cette artiste, dont le travail converge vers une compréhension contemporaine de la notion de nihilisme. En effet, elle considère toutes les possibilités de réduire au strict minimum le sens d’une oeuvre d’art, en transformant ses travaux en paradigmes mouvants, dont le sens glisse entre les doigts de celui qui tente de le saisir. Ainsi, l’artiste utilise un langage visuel de paramètres immatériels: des reflets d’images, des répétitions, des boucles infinies, des vides, des croisements et des effacements.

« Nothing Unbound» (2009), par exemple, est une installation composée de miroirs de taille humaine disposés en croix sur un support circulaire. Ce travail fait référence à de nombreux oeuvres d’artistes conceptuels des années 1970, dans lesquelles le miroir est un élément important de l’exploration identitaire. « Nothing Unbound » lie une multiplicité de réflexions dans un déplacement en boucle qui empêche le visiteur de voir son image en entier, de quelque point de vue que ce soit. Comme dans d’autres travaux, le spectateur expérimente une réalité angoissante qui prend corps dans l’oeuvre d’art.Une réalité instable et ouverte qui alterne présence et absence sans lui laisser de répit.

Des découvertes récentes en neurologie ont avancé que les canons de la psychologie devraient être abandonnés au profit de ce que les neuroscientifiques appellent aujourd’hui le « matérialisme éliminatif ».
Ces recherches ont établi que rien ne définit la « vérité psychologique », pas même une vérité en soi. Des travaux comme la nouvelle vidéo «As One» (2010) combinent des observations minutieuses du visage de Michael Jackson, des gestes et mouvements insondables de la pop star. Le but est d’en multiplier tous
les points de vue possibles et d’illustrer le concept de « non-identité » mentionné ci-dessus. Ce faisant, PAMELA ROSENKRANZ réduit à néant la notion même de centralité de l’oeuvre d’art et sa signification.

Un catalogue sortira début 2011 en collaboration avec le Kunstverein Braunschweig. PAMELA ROSENKRANZ y exposera en décembre 2010, ainsi qu’au Swiss Institute de New York début 2011.

Commissaire de l’exposition : Katya García-Antón

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Nothing Unbound, sculpture de miroirs, 2009