le projet fait surface… sous le lac

Projet de longue haleine, le parking sous-lacustre des Eaux-Vives prévu le long du jardin anglais, sous la rade, a été officiellement dévoilé par ses principaux promoteurs le 17 juin dernier. Drainer un grand nombre de voitures juste avant leur arrivée dans le centre-ville, les faire disparaître sous l’eau, et inciter les personnes à emprunter les transports publics une fois leur voiture parquée, voilà ce que propose le nouvel ouvrage, à l’instar du parking du Mont-Blanc, son ascendant direct.

«Construire un parking supplémentaire en plein centre est l’une des réponses vitales aux besoins d’une ville telle que Genève pour faire face aux enjeux économiques, sociaux, et environnementaux de son temps», telle est l’intime conviction de Jean de Toledo, jeune homme de 99 ans, Président du Parking du Mont-Blanc et fervent défenseur d’une mobilisation générale pour la sauvegarde du dynamisme du centre ville. «Il est essentiel de faciliter l’accès au cœur pour ne pas voir dépérir les commerces et lieux de vie qui confèrent à Genève toute son âme et toute sa singularité» poursuit-il.

Un «projet d’intérêt général» de 70 millions de francs, sur fonds privés uniquement
Ce projet de parking caché dans la rade, à l’angle du Jardin anglais et du quai Gustave-Ador qui prévoit 850 places dont 240 réservés aux habitants du quartier des Eaux-Vives, est estimé à 70 millions de francs, sur fonds privés uniquement. Tourné vers les générations futures et conçu en synergie avec ceux qui promeuvent la mobilité douce, il est présenté par ses concepteurs comme un ouvrage d’intérêt général. Il répond par ailleurs aux besoins de déplacements de proximité et non aux besoins directs des pendulaires, preuves à l’appui : au parking du Mont-Blanc, le taux d’occupation est de 96% à midi et 28 % seulement à 8 heures du matin. Enfin, comme le pratique depuis 13 ans déjà le parking du Mont-Blanc, il prévoit la gratuité des transports publics, mouettes comprises, pour deux personnes pendant 1,5 heure.

Concurrent du projet des Clés-de-Rive, soutenu par la Ville, le parking des Eaux-Vives sait mettre en avant ses atouts
Conçu comme une continuation logique du parking du Mont-Blanc, le parking des Eaux-Vives bénéficiera d’un capital confiance important lié à toutes les leçons pratiques tirées en près de 40 ans d’exploitation. En 1972 sa construction n’avait pas touché un seul arbre et proposait quelques aménagements des quais, relevant presque de l’évidence aujourd’hui. Jean de Toledo se souvient pourtant de certaines critiques relatives à la modification du quai du Général Guisan: «vous ne pensez pas que les gens viendront se prélasser sur les marches à la hauteur des pots d’échappements» lui disait-on. La mauvaise foi des opposants de l’époque le fait sourire aujourd’hui, quand il contemple ces centaines de personnes venant s’installer sur les gradins face au lac, à l’heure du déjeuner. Cette fois, ce sera la piétonisation de plusieurs zones, en particulier la rue Pierre Fatio située entre le quai et la rue du Rhône, qui sera rendue possible.

Autre avantage, la situation sous-lacustre du parking
Prévu sous le lac, le projet garantit la préservation des fondations du patrimoine bâti, ainsi qu’une incidence quasi nulle sur la circulation dans la ville pendant le temps des travaux, l’évacuation des déblais de terrassement se faisant par des barges sur le lac plutôt qu’en camions au centre-ville. «Ces avantages ne sont pas des affirmations gratuites, le nouveau projet s’inscrit dans la lignée d’un ouvrage reconnu», soutient Jean de Toledo, et d’ajouter: «la construction du parking du Mont Blanc a été exemplaire en son temps. Le trou était beaucoup plus profond, et le courant deux fois plus important à cet endroit du lac, et nous n’avons pourtant ni fragilisé les immeubles voisins, ni provoqué de perturbation de trafic.»

Le projet est lancé, les débats sont ouverts mais Rome ne s’est pas construite en un jour. Les promoteurs le savent, ils se sont battus 17 ans avant d’entamer les travaux du parking du Mont-Blanc.

En bref
Situation: caché dans la rade, à l’angle du Jardin anglais et du quai Gustave-Ador
Coût: 70 millions de francs
Financements: privés uniquement
Capacité: 80 deux-roues et 150 vélos, 850 voitures dont 240 de réservées aux habitants des Eaux-Vives
Durée des travaux: deux ans et demi
Trémies d’accès: uniquement sur le quai Gustav Ador
Avantage de construction: absence de nuisances de circulation, évacuation des déblais par le lac, aucune incidence sur la structure des immeubles car sous-lacustre
Principal projet concurrent: parking des Clés-de-Rive

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Simulation du quai
Le projet de parking des Eaux-Vives, dans la parfaite continuité de celui du Mont-Blanc, entend clore le débat sur la desserte du centre ville.