La projection sera suivie d’un débat avec le public et Claude Goretta
Cette production à été imaginée pour la télévision et réalisée par Claude Goretta en 1975. Le scénario et les dialogues sont de Georges Haldas

Le 27 octobre 1553, le Petit Conseil de Genève condamnait Michel Servet à brûler vif pour hérésie. Il avait été emprisonné à l’initiative de Jean Calvin. Ce dernier souhaitait sa condamnation à mort. Genève cité-refuge? Genève, berceau d’un esprit de tolérance et d’ouverture fit tuer cet homme pour la seule raison qu’il contestait le dogme. Cette exécution nous interpelle. Pouvons-nous la comprendre, ainsi qu’on l’entend parfois, à l’aune des bûchers de l’Inquisition romaine ou comme une scorie de temps obscurs que le nôtre aurait dépassé?

L’action de Sébastien Castellion, qui s’est consacré à la condamnation de ce meurtre judiciaire, dont il avait été témoin, n’était-elle pas de ces temps-là lorsqu’il s’exclamait: « La postérité ne pourra pas comprendre que nous ayons dû retomber dans de pareilles ténèbres après avoir connu la lumière »?

L’année de l’exécution de Servet, son Traité des hérétiques ne dit-il pas que la Réforme se contredit, quand elle pourchasse et tue les hérétiques? Son Impunité des hérétiques (1555) ne dit-elle pas : « Tuer un homme, ce n’est pas défendre une doctrine, c’est tuer un homme »? Castellion n’y apostrophe-t-il pas Calvin: « Nous diras-tu, à la fin, si c’est le Christ qui t’a appris à tuer des hommes? »

En 1975, porté par le souffle de mai 1968, Claude Goretta, sur un texte de Georges Haldas, réalisait pour la Télévision Suisse Romande un Calvin-Servet superbe et libérateur.

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Réalisation de Claude Goretta, pour la TSR en 1975