Patrice Mugny, Conseiller administratif en charge des Affaires culturelles de la Ville de Genève, prend ce dossier très à coeur et évoque sa vision pour le Grand Théâtre.

Quelles sont les mesures qu’entend prendre la Ville de Genève afin de pérenniser le budget de fonctionnement du Grand Théâtre? Une plus forte implication financière du canton est-elle souhaitée et en cours de négociation?
Le Conseil de Fondation du Grand Théâtre a élaboré un plan financier quadriennal pour les années 2008/09 à 2011/12 qui intègre la mise en oeuvre des recommandations des audits. Ce plan montre un déficit annuel de l’ordre de 2 millions. La Ville de Genève a sollicité par écrit le 31 octobre dernier le soutien financier du Canton de Genève; elle lui a également suggéré de s’entremettre pour solliciter l’aide de la Confédération dans la mesure où le Grand Théâtre est une institution essentielle à la vie culturelle, économique et sociale de Genève et à son rayonnement international. Par ailleurs, le Conseil administratif a entrepris une démarche auprès de l’Association des Communes Genevoises, qui investit actuellement 1,5 million par an pour le Grand Théâtre, afin qu’il examine la possibilité d’augmenter sa contribution. Un appel est aussi lancé aux milieux privés pour qu’ils s’investissent davantage et qu’un partenariat puisse être signé sur quatre ans, à l’instar de ce qui est pratiqué par exemple pour le Mamco. Enfin, la Ville de Genève devra prendre en charge une augmentation de sa subvention.

Quelles sont les suites administratives des audits commandés et quelles sont les conséquences pour la direction et le personnel du Grand Théâtre?
Je tiens tout d’abord à souligner le bon fonctionnement du Conseil de Fondation et le travail complémentaire et commun qui est réalisé par les membres de cet organe. Cinq points sont à relever.

Concernant le personnel: les mesures les plus urgentes liées à la santé et à la sécurité sur la place de travail ont été mises en oeuvre immédiatement; d’autres sont en cours de réalisation ou planifiées d’ici à 2008. Par ailleurs, la création d’une commission santé et sécurité au Grand Théâtre vient d’être adoptée par le Conseil administratif et le Conseil de Fondation. Cette disposition répond à la loi en vigueur (directive MSST 6508).

Sous réserve du vote du budget 2008 par le Conseil municipal le 8 décembre, six employés du Grand Théâtre vont être municipalisés. Cette opération a pour objectif de rétablir la cohérence et l’homogénéité au sein des services techniques (ateliers et plateau) de l’institution. D’autres municipalisations interviendront dans les mois ou les années à venir, ainsi que le plan financier quadriennal le prévoit. Ce travail sera bien sûr mené en concertation avec la commission du personnel et les syndicats et en parallèle à la révision des règlements de travail.

La structure de direction est en cours de modification selon les recommandations des audits. Un directeur technique a été engagé. Un directeur des ressources humaines a été nommé, il prendra ses fonctions à temps plein le 1er mars 2008, mais il consacrera une partie de son temps de travail à l’institution dès le 1er décembre prochain. Quant au recrutement du directeur général, la procédure est à bout touchant. Il entrera en fonction le 1er juillet 2009.

Les travaux de révision des statuts du Grand Théâtre débuteront durant le premier trimestre 2008.

Le crédit de 2,5 millions qui a été déposé par le Conseil administratif auprès du Conseil municipal le 6 novembre dernier prévoit des moyens pour doter l’institution d’outils informatiques nécessaires à la gestion des ressources humaines et à la planification.

L’institution se vend-elle mieux que par le passé, tant auprès des Genevois qu’auprès des publics de la Genève internationale mais aussi auprès des partenaires privés. Êtes-vous favorable à une diminution de la participation de la Ville de Genève au profit d’autres solutions?
A ma connaissance, la réputation de l’institution lui vaut une belle reconnaissance dans tous les milieux que vous citez. Concernant la participation financière de la Ville: le Conseil municipal aura prochainement à se prononcer sur une demande de crédit supplémentaire de 2,5 millions de francs, comme le recommandent la commission des finances et la commission des arts et de la culture. Cela dit, notre espoir est bien sûr que l’Etat, la Confédération, les Communes et les milieux privés soutiennent le gros effort consenti par la Ville de Genève pour maintenir le Grand Théâtre au niveau de rayonnement international qu’il a atteint. Nous sommes prêts à envisager toute solution garantissant la pérennité et la qualité artistique de ses prestations.

La vocation culturelle genevoise dépend-elle pour beaucoup de la vitalité et de la qualité de sa programmation lyrique?
Si le Grand Théâtre est une institution phare qui contribue au rayonnement culturel de Genève, c’est bien en raison de la qualité de sa programmation..
Par Philippe Amez-Droz

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Patrice Mugny, Conseiller administratif en charge des affaires culturelles de la Ville de Genève