Le meurtrier d’Amélie Delagrange terminera sa vie en prison, a tranché mardi un tribunal londonien, pour le plus grand soulagement des parents de l’étudiante française tuée en août 2004 dans un parc londonien.

L’ancien videur de discothèque de 39 ans Levi Bellfield, reconnu coupable lundi du meurtre de deux jeunes femmes dont l’étudiante française, a été condamné mardi à Londres à la réclusion à perpétuité à l’issue de quatre mois et demi de procès.

Le jury du tribunal de l’Old Bailey l’avait reconnu coupable lundi du meurtre d’Amélie Delagrange, en août 2004, du meurtre de l’étudiante britannique Marsha McDonnell, 19 ans, ainsi que de tentative de meurtre en mai 2004 sur une autre étudiante, Kate Sheedy, 18 ans.

Mardi, Levi Bellfield, a été condamné à trois peines de prison à vie incompressibles pour ces crimes, sans possibilité de libération anticipée. Il a choisi de ne pas assister au prononcé du verdict.

« Vous avez plongé trois familles dans un chagrin inimaginable », a commenté la juge, Anne Rafferty, en annonçant la sentence. « Les sentiments terribles qui vous ont traversé la tête lorsque vous avez attaqué et par deux fois abrégé une jeune existence, dépassent l’entendement ».

« Vous ne pourrez prétendre à une libération anticipée et vous passerez le reste de votre vie en prison », a-t-elle ajouté.

Mardi en début de matinée, un avocat a lu une déclaration résumant l’impact de ces meurtres sur la famille d’Amélie Delagrange.

« Notre monde s’est écroulé le 19 août 2004 », a déclaré la mère d’Amélie, Dominique Delagrange. « Nous souffrirons toujours de ne pas savoir ce que serait devenue Amélie si sa vie n’avait pas été interrompue de cette façon. Sa perte est une blessure ouverte qui ne cicatrisera pas. Nous ne nous en remettrons jamais ».

Originaire d’Hanvoile, en Picardie (nord), Amélie Delagrange, étudiante en Langues étrangères appliquées (LEA), séjournait à Londres depuis avril 2004 afin de parfaire son anglais.

Elle avait manqué l’arrêt de son autobus alors qu’elle rentrait d’une soirée chez des amis, le 19 août 2004, et avait dû rebrousser chemin à pied. L’étudiante, alors âgée de 22 ans, avait été attaquée près du terrain de cricket de Twickenham (sud-ouest de Londres).

Après le prononcé de la sentence, Mme Delagrange et son époux, Jean-François, ont dit être quelque peu réconfortés par la peine de prison à vie prononcée contre Levi Bellfield.

« Ce qu’on souhaitait c’est qu’il disparaisse de la société (…) le fait que l’on sache qu’il ne sortira jamais, comme la loi anglaise le permet, c’est un réconfort pour nous », a déclaré à l’AFP Dominique Delagrange. « Justice est rendue, mais notre fille n’est pas rendue, Amélie ne reviendra pas », a ajouté Jean-François Delagrange.

Kate Sheedy, qui a survécu à ses blessures après avoir été écrasée par un véhicule conduit par Levi Bellfield, s’est dite déçue que son agresseur n’ait pas entendu sa sentence.

La peine de prison à vie « est ce que je voulais ». « Le fait qu’il ne verra plus jamais la lumière du jour est fantastique (…) S’il avait pu être libéré, même dans 40 ans, je ne me serais plus jamais sentie en sécurité », a-t-elle observé.

Levi Bellfield, père de onze enfants de cinq femmes différentes, est également le principal suspect du meurtre de Milly Dowler, une adolescente de 13 ans mystérieusement disparue à son retour de l’école en 2002 dans le Surrey (sud de Londres). Le corps décomposé de la jeune fille avait été retrouvé dans un champ six mois plus tard.

Les parents d’Amélie Delagrange ont indiqué leur intention de venir rendre hommage à leur fille chaque année près du terrain de cricket de Twickenham, à la date anniversaire du 19 août 2004, le jour où Amélie a trouvé la mort.

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Le jury du tribunal de l’Old Bailey l’avait reconnu coupable lundi du meurtre d’Amélie Delagrange.