Il s’agirait d’une « pause fiscale ». Après deux ans de matraquage, les Français pourront-ils souffler un peu en 2014 et profiter sereinement du (maigre) fruit de leur travail ? Pas sûr. Le président de la République François Hollande a profité d’une interview télévisée, dimanche 15 septembre dernier, pour tenter d’apaiser une population agacée. « Il y a eu des augmentations d’impôts depuis deux ans », a-t-il reconnu. Vous vous en étiez aperçu, moi aussi. « 2014 marquera une pause fiscale », a assuré notre chef de l’Etat, avant d’évoquer une réduction « de tous les budgets des ministères (…) de 2%, sauf ceux de l’emploi et de l’éducation ». Il a également (r)assuré : « les dépenses de l’Etat vont baisser en 2014, une première depuis ces trente ou quarante dernières années ».

Ah, il aurait peut-être fallu commencer par là, non ? N’est-ce pas ce que l’on qualifie de gestion « en bon père de famille » ? Lorsque vous avez besoin de liquidités, vous allez taper le voisin, vous ? Non, vous économisez. Vous essayez de bosser davantage – sauf que dorénavant, comme vos heures supplémentaires ne sont plus défiscalisées, ça ne vous rapporte pas un kopec. La défiscalisation des heures sup’, parlons-en ! Une idée de la droite, donc rapidement détricotée par la gauche (l’inverse eut été possible dans les mêmes proportions, par ailleurs). Cette mesure aurait pour effet pervers, de ne pas inciter les entreprises à embaucher, et aurait même détruit quelque 100 000 emplois. Mais, l’on est incapable aujourd’hui de quantifier le nombre de postes pourvus par sa suppression…
Dans les TPE et PME, les collaborateurs continueront à faire leurs heures sup’. Ce n’est pas pour autant que l’on pourra embaucher. Combien cela coûte-t-il, déjà ?

Bref, nous aurions droit à une « pause fiscale » pour l’année prochaine… Naturellement, cette pause ne prend pas en compte l’augmentation de la TVA, de 19,6 à 20%. Ni celle des cotisations vieillesse. Notre exécutif n’a pas fait état, en Une des quotidiens, de son projet de suppression des avantages fiscaux et sociaux accompagnant les contrats collectifs des complémentaires santé. Et j’en passe, parce que ça me déprime.

Tout récemment, les gens défilaient pour préserver leurs retraites. Les artisans du bâtiment sont aussi descendus dans la rue pour manifester leur mécontentement et leurs inquiétudes. Remarquez, les manif’ ne sont pas taxées, pour l’instant.