En compagnie de Mathilda May, Pascal Légitimus compose à la scène un de ces fameux couples qui marquent les esprits. Leur duo fonctionne à plein régime et déchaîne les rires d’un public sans cesse augmenté. Rencontre chaleureuse et intimiste avec le co-auteur et acteur heureux de ce spectacle à grand succès, qui passera par Genève à l’Uptown (ex-cinémas des grottes) le 28 novembre (date supplémentaire le 1er décembre).

Légitimus, c’est un pseudo d’influence romaine ou un patronyme typiquement antillais?
C’est mon vrai nom! Légitimus signifie «les enfants légitimes du Royaume de», et ce Royaume c’est l’Ethiopie. L’histoire de mon patronyme passe par un débarquement forcé (…) aux Antilles au 19ème siècle. Je suis issu d’une famille d’artistes depuis 3 générations, et j’ai récupéré ce virus d’acteur depuis mes plus tendres années. Aujourd’hui j’ai par exemple la chance de donner la réplique à ma belle consœur Mathilda May avec qui je partage l’affiche de «Plus si affinités», et c’est un régal absolu.

Comment l’aventure (glorieuse) de «Plus si affinités» a t-elle commencé avec Mathilda May?
C’est Mathilda qui avait cette idée-là dans ses tiroirs, car elle est fascinée par le vaste thème des rencontres. Elle avait besoin d’un regard extérieur pour connaître la faisabilité de son projet et elle m’a contacté, m’a exposé son sujet, et j’ai été tellement emballé par l’idée que je me suis mis à écrire, à m’investir, à remplir la feuille blanche… On a donc travaillé ensemble pour l’écriture et la confection de ce spectacle. Nous sommes finalement sur scène dans un cadre scientifique, avec les 2 cobayes que nous interprétons dans des situations diverses de rencontre amoureuse. Avions, boîtes de nuit, maisons de retraite, toutes les configurations sont propices aux rencontres les plus variées… et les plus cocasses.

Le spectacle a t-il évolué depuis sa création, après près de 400 représentations?
On a resserré certaines choses, coupé des petits bouts, pour dynamiser encore plus les effets comiques. Les modifications apportées sont des bonifications! Le principal est cette grande complicité entre les 2 acteurs mais surtout avec le public, que l’on voit ressortir si heureux. On murmure même que certaines rencontres se seraient faites lors de représentations ça et là…

Ce spectacle – classé parmi les 5 meilleurs à Paris en 2009 – va t-il continuer à vivre malgré vos agendas respectifs si chargés en 2010? D’autres projets en commun?
On arrive au bout de nos disponibilités pour le jouer encore, car effectivement nous avons, Mathilda et moi, plusieurs autres engagements l’année prochaine. Alors un DVD sera enregistré au Casino de Paris (juste après Genève), et après une quinzaine de dernières dates début 2010, ce sera terminé. J’ai des projets au cinéma, au théâtre et à la télévision, et Mathilda est aussi beaucoup réclamée. Nous avons eu la chance immense de jouer pendant 4 ans, création incluse, un spectacle au vrai succès critique, médiatique, artistique et populaire, ce qui est rare aujourd’hui. On en a bien profité, les gens se sont beaucoup amusé, ont beaucoup ri, partagé. Nous tenions aussi à l’émotion présente dans notre spectacle.

Avez-vous d’autres projets en commun?
Beaucoup de professionnels ont vu notre duo fonctionner, ça a donné des idées à certains, on verra ce qui en ressort. Des propositions sont là, on en lit… Mathilda a montré sur cette pièce que cette superbe femme, cette merveilleuse actrice qui fait rêver tant d’hommes est aussi une comédienne aux talents comiques très forts. Elle est ainsi plus proche de sa vraie nature dans la vie, rigolote, cool et marrante, loin d’une icône insaisissable. Dans Plus si affinités vous la voyez se déformer, s’enlaidir, sauter, danser, chanter, et elle reste toujours craquante pour le public, hilare ou ému selon la scène.

Peut-on avoir une esquisse des activités de Pascal Légitimus en 2010? Et son sentiment profond?
Par superstition je ne parlerai que de ce qui est signé. J’ai écrit un long métrage qui traite de la place du hasard dans le destin. J’y avance que le hasard n’existe pas, avec des bouts de vie qui s’entrecroisent, des coïncidences, des destinées particulières, dans une comédie bien sûr.
C’est un regard sur la société à travers un personnage naïf qui sauve la vie de certaines personnes. La vie semble parfois comme un tapis qui se déroule, avec des maux pour des biens, des choix, des interrogations, avec notre libre arbitre qui détermine nos choix puis nos actions.
Parfois en cours de route on s’éloigne de notre chemin personnel, du trajet qui nous est destiné, suite à des mauvais conseils, des éducations contraires, des sentiments négatifs tels la méchanceté, la cupidité, la dictature de l’égo. On est pourtant si heureux dans ce chemin que l’on perd quelquefois. Si la société et le rythme de la vie nous éloignent souvent de la profondeur de notre âme, de notre cœur, l’harmonie nous y ramène. Ma devise est «ni pute ni dupe». Je suis quelqu’un de très serein, je marche à l’instinct, je ne perds pas de temps avec les choses inutiles, et je balise ma vie comme je le peux, malgré les imprévus.

A quand une reformation des Inconnus?
Moi j’ai tout fait pendant 4 ans pour que le groupe se rabiboche. On est pas du tout fâchés, mais sachant que chacun est très pris par ses activités personnelles ce n’est pas simple. Bernard (Campan) est encore réticent à la reformation du groupe pour des raisons très respectables. Il n’a en effet pas envie de faire rire en ce moment, il préfère se concentrer sur des rôles plus sensibles qui lui conviennent mieux. C’est une question de vibrations, il n’est pas dans l’humour aujourd’hui, c’est tout. Mais on en reparlera peut-être…

Y a t-il un point commun dans vos différents personnages de cette saga des Inconnus?
Oui, ce sont souvent des gens qui sont en souffrance, qui se débattent dans une société hostile, qui sont faibles, frustrés, castrés, humiliés, et… qui s’en sortent avec le peu qu’ils ont, à la force du poignet, avec volonté et travail. J’aime ces victimes qui gagnent à la fin. C’est un peu mon cas dans la vie, je suis un être humain qui ne doit qu’à sa volonté et à son travail son statut d’homme respecté et respectable. Un être humain normal, quoi. Je préfère cependant le bonheur au confort. On a beau tout avoir, il nous manque toujours quelque chose. C’est de l’ordre du divin, de la philosophie de l’homme. Aujourd’hui tout va bien dans ma vie, je suis heureux mais je ne suis pas satisfait. Pourquoi? C’est impalpable.

Que dire au public qui se tâterait encore pour venir vous applaudir dans «Plus si affinités» le 28 novembre et le 1er décembre à Genève?
Il y a 350 000 spectateurs qui sont déjà venus nous voir, soyez les suivants sur la liste des «satisfaits à 120 %»! C’est un vrai show de bonheur où le public rit beaucoup, où il y a de l’émotion, où l’on danse, chante, joue. Si vous voulez passer un bon moment avec deux personnes charmantes, les sauveurs face à la morosité, les pompiers de l’humour, c’est nous!.

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Plus si affinités à l’Uptown Geneva (ex-cinémas des Grottes)
le 28 novembre et le 1er décembre 2009 à 20h 30.