Les nouveaux scénarios de l’évolution de la population des cantons de la Suisse calculés par l’Office fédéral de la statistique (OFS) montrent que si la fécondité, la mortalité et les flux migratoires continuent d’évoluer comme ces dernières décennies, la population de la plupart des cantons augmente jusqu’en 2030.

Les évolutions sont toutefois différenciées
Les cantons de Zoug et de Fribourg enregistrent un accroissement démographique de plus de 20%, alors que les cantons de Bâle-ville, Glaris et Uri connaissent une légère diminution de leur population. Durant cette période, tous les cantons enregistrent un vieillissement plus ou moins marqué de leur population.
Selon le scénario moyen, l’accroissement démographique n’est pas identique pour tous les cantons entre 2005 et 2030. En raison de migrations intercantonales très favorables et d’un nombre plus élevé de naissances que de décès, les cantons de Fribourg et de Zoug enregistrent une hausse de plus de 21% de leur population. A l’opposé, la population du canton de Bâle-Ville diminue de plus de 6%, celle de Glaris baisse de 5% et celle d’Uri d’environ 2%. La population de ces cantons décline en raison de migrations intercantonales défavorables, mais surtout en raison du faible nombre de naissances ne pouvant pas compenser l’augmentation du nombre de décès.
En 2030, les cantons les plus peuplés restent dans l’ordre Zurich, Berne, Vaud, Argovie et Saint-Gall. Ils représentent toujours un peu plus de la moitié de la population de la Suisse. Cependant, les évolutions démographiques de ces cantons sont très différentes. La population du canton de Vaud augmente ainsi de près de 15%, celle de Zurich de 13%, celle d’Argovie de près de 12%, alors que celle du canton Saint-Gall de seulement 5% et celle de Berne d’un peu moins que 4%.

Le dynamisme des agglomérations favorise certains cantons
Le dynamisme des grandes agglomérations favorise l’accroissement démographique des cantons situés dans leur sphère d’influence. Le canton de Zurich, mais également les cantons de Zoug, de Schwytz, de Thurgovie et d’Argovie bénéficient ainsi de l’attractivité de l’agglomération zurichoise. Le canton de Fribourg est favorisé aussi bien par sa proximité avec l’agglomération bernoise que par sa situation relativement proche de l’agglomération lausannoise. Enfin, l’accroissement démographique du canton de Vaud est en partie dû à son voisinage avec l’agglomération genevoise.

Plus de décès que de naissances dans la majorité des cantons
En 2030, seul les cantons de Zurich, Zoug, Fribourg, Vaud et Genève ont encore des accroissements naturels positifs, c’est-à-dire, plus de naissances que de décès. La fécondité très basse dans les autres cantons ne peut plus compenser l’augmentation des décès due à l’accroissement du nombre de personnes âgées résultant de l’arrivée à des âges élevés des générations nombreuses du baby-boom.

Les migrations : l’unique moteur de la croissance démographique de la plupart des cantons
Entre 2005 et 2030, la croissance démographique est due avant tout, même pour les cinq cantons cités ci-dessus, à des soldes migratoires positifs. Ce sont les cantons urbains ou touristiques tels que Bâle-Ville, les Grisons et le Tessin qui bénéficient le plus des migrations internationales. Les cantons ruraux mais proches de grandes agglomérations, tels que Appenzell Rh. Int., Fribourg et Nidwald, attirent quant à eux le plus de personnes provenant d’autres cantons; les cantons urbains comme Bâle-Ville et Genève ont plutôt des soldes migratoires intercantonaux négatifs.

Le vieillissement : un défi majeur pour tous les cantons
En Suisse, la proportion de personnes de 65 ans ou plus passe de 16% en 2005 à plus de 24% en 2030. Avec 29%, c’est dans le canton d’Appenzell Rh. Ext. que la part des personnes en âge d’être à la retraite est la plus élevée en 2030. C’est la conjugaison d’un nombre relativement important de départs de jeunes adultes vers les autres cantons et d’une fécondité très basse qui accentue le vieillissement de la population de ce canton. Le canton possédant le pourcentage le plus bas de retraités en 2030 est Genève (20%) qui profite d’un nombre élevé d’immigrations internationales de jeunes ressortissants étrangers et des départs d’adultes plus âgés vers d’autres cantons. Ces flux migratoires permettent aux cantons urbains de limiter le vieillissement de leur population. Les personnes de 65 ans ou plus représentent alors 21% de la population du canton de Vaud, 22% de celle de Zurich, près de 25 % de celle d’Argovie et de Saint-Gall,et, 27% de celle de Berne.

Le rapport entre les personnes âgées de 65 ans ou plus et les personnes de 20 à 64 ans continue d’augmenter. Pour 100 personnes âgées de 20 à 64 ans, on passe de 26 personnes de 65 ans ou plus en 2005 à 43 en 2030. Tous les cantons connaissent cette évolution, mais dans des proportions différentes. Ainsi en 2030, ce rapport de dépendance va de 34 dans le canton de Genève à 55 dans le canton d’Appenzell Rh.-Ext. Dans le canton de Berne, il se monte à 49, dans le canton d’Argovie à 44, dans celui de Saint-Gall à 43 et dans les cantons de Zurich et de Vaud à 37.

Des défis importants pour les cantons
Les évolutions démographiques prévues pour les vingt-cinq prochaines années présentent des défis majeurs pour les cantons. L’augmentation importante du nombre de personnes âgées et la diminution de celui des jeunes affecteront de nombreux domaines tels que l’éducation, la santé, le marché du travail, la sécurité sociale ou le logement.

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Une population qui augmente jusqu’en 2030!