Il est difficile de trouver à parquer son automobile, mais cela serait encore plus difficile sans macaron. Depuis son lancement en 1998, le système des macarons de stationnement en Ville de Genève s’est beaucoup développé. Une enquête réalisée sur mandat de l’Etat et de la Ville permet d’en mesurer l’efficacité à travers la perception des utilisateurs.

Extension douce des zones de macarons
Ces cinq dernières années ont vu les zones de macarons s’étendre progressivement. Elles couvrent aujourd’hui l’ensemble de la ville de Genève, le nombre de macarons vendus atteignant 26’000. 10 % d’entre eux sont des macarons d’entreprises. Autre élément non négligeable de la politique du stationnement, depuis le début de l’année 2004, un effort important a été réalisé pour le contrôle.

Enquête téléphonique
Une enquête téléphonique a été réalisée auprès des habitants dans quatre zones de macarons : Eaux-Vives, Cluse, Grand-Pré et Pâquis, des quartiers où la demande de stationnement est élevée. Elle a permis de répondre aux questions suivantes.

Qui sont les détenteurs de macarons et quels sont leurs comportements en matière d’utilisation de la voiture?
La plupart des détenteurs de macarons ont opté pour le macaron sans délai, sans véritable période d’essai. 20 % d’entre eux possèdent plus d’une voiture, et 15 % louent ou possèdent une place privée à leur domicile.
Deux détenteurs sur trois utilisent leur voiture de manière régulière en semaine pendant les heures de travail. Un détenteur sur deux a l’habitude d’utiliser sa voiture le soir et surtout près de neuf détenteurs sur dix utilisent leur voiture régulièrement le week-end.
10 % des détenteurs de macarons sont des entreprises. Ces dernières occupent les places bleues pendant la journées, ce qui n’est généralement pas le cas des habitants qui les recherchent plutôt le soir et la nuit.

Quelles sont les conditions de recherche de places dans les zones macarons ?
La grande majorité des personnes interrogées trouvent difficile de trouver une place de stationnement dans leur zone pendant la journée (entre 8h00 et 18h00) mais plus encore le soir et la nuit, en dehors des heures de réglementation. Cependant, une très large majorité des détenteurs (9 sur 10) déclarent s’être garés sur une place bleue la dernière fois qu’ils ont cherché une place dans leur zone.

Quelle est l’influence du système des macarons sur la recherche de places de stationnement ?
40 % des enquêtés considèrent que la recherche d’une place dans leur quartier était plus facile avant la mise en place du système. Mais une majorité des détenteurs ( 57,5 %) est d’avis que, si le système des macarons et les zones bleues étaient supprimés et les zones blanches réintroduites, la recherche d’une place de stationnement dans leur quartier serait plus difficile ou même beaucoup plus difficile qu’aujourd’hui.

Quels ont été les changements de comportement des détenteurs en matière de stationnement depuis l’introduction du système macarons ?
Près de 9% des détenteurs affirment avoir renoncé à une place privée dans leur quartier actuel pour prendre un macaron et près de 11% disent avoir acquis un macaron en complément d’une place privée. Une part significative de la demande de stationnement des habitants s’est donc reportée de l’offre privée vers l’offre publique sur la voirie.

Quelle est la sensibilité des détenteurs aux prix du stationnement ?
Une part importante de détenteurs est réfractaire même à une faible augmentation du prix du macaron, fixé actuellement à 180 francs par année, soit 15 francs par mois. La moitié d’entre eux se disent, par contre, disposés à louer une place privée (parking réservé aux habitants, place privée, etc.) 44% des détenteurs déclarent avoir connaissance de places de stationnement à louer à proximité de leur domicile. La location d’une place privée et les avantages qu’elle procure semblent donc être largement désirés par les détenteurs.

Quelles mesures les détenteurs souhaitent-ils pour améliorer le fonctionnement du système ?
Le type de réponses le plus souvent évoquées est l’augmentation de l’offre en places bleues. Toutefois, l’exiguïté du territoire de la ville et la nécessité de concilier d’autres usages de la voirie (redistribution de l’espace public aux piétons, offre de stationnement adaptée aux besoins des clients des commerces et des visiteurs) limite fortement les possibilités d’appliquer une telle mesure. Aussi, d’autres mesures d’exploitation et de gestion de l’offre ont-elles été proposées aux personnes interrogées.
Parmi celles-ci, on trouve l’intensification des contrôles en zone bleue (17% des réponses), une réservation des zones bleues aux seuls détenteurs habitants (13%), une diminution du nombre de macarons vendus (13%), la construction de parkings réservés aux habitants (12%) et l’extension de la validité des macarons à plusieurs zones (9%).

Conclusion
Ces résultats confirment les difficultés qui existent à trouver une place de parc au centre ville, en particulier le soir et la nuit. Cependant, le système des macarons en lui-même n’est pas mis en cause, puisque les résultats de l’enquête démontrent qu’il permet d’améliorer l’offre de stationnement. Les tensions proviennent plutôt de l’inadéquation entre la forte demande en places de stationnement sur la chaussée et les dimensions limitées du domaine public. Or, l’offre de stationnement sur la voirie ne peut ni ne doit être, seule, prise en compte: globalement, 60 % des places de stationnement à Genève sont privées.

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Plan des secteurs de stationnement à Genève