L’Office fédéral de la statistique communique différents scénarios pour l’école obligatoire pour la période 2006-2015.

Evolution des effectifs d’élèves et réformes en cours
Du fait de l’évolution démographique, les effectifs d’élèves de l’école obligatoire devraient baisser de 8 à 10% entre 2004 et 2015 suivant le scénario considéré par l’Office fédéral de la statistique (OFS). Dans le degré préscolaire, les réformes en cours visant à une scolarisation dès l’âge de 4 ans pourraient cependant entraîner une hausse de 1,5% à 3% du nombre d’élèves, mais avec de fortes disparités régionales. Le nombre de départs à la retraite chez les enseignants du degré primaire devrait augmenter notablement ces prochaines années. Il devrait par contre rester stable pour les enseignants du secondaire I.

Degré préscolaire : Légère augmentation au niveau suisse avec de fortes disparités régionales
Tandis que le nombre d’enfants âgés de 5-6 ans devrait diminuer ces prochaines années (-6% entre 2004 et 2015), les réformes prévues visant à une scolarisation dès l’âge de 4 ans révolus, pourraient entraîner de légères augmentations des effectifs d’élèves du degré préscolaire au niveau suisse. Elles se monteraient à 1,5% entre 2004 et 2015 si d’ici là l’intégralité des enfants suivait le préscolaire durant 2 ans (scénario «convergence I»). Si en outre, tous les enfants étaient scolarisés dès l’âge de 4 ans révolus au 30 juin (scénario «convergence II»), ce «rajeunissement» additionnel pourrait entraîner une hausse supplémentaire des effectifs de 1,5% durant la période 2009-2013.

Evolutions régionales très variables
Les évolutions régionales seront très variables car elles dépendront non seulement des dynamiques démographiques régionales très différentes, mais aussi des conditions de la scolarisation dans le degré préscolaire. Dans 9 cantons, le passage à une préscolarité d’une durée de 2 ans entraînerait des hausses d’effectifs (effet dépassant même +60%, par rapport à une situation statu quo, pour les cantons de Fribourg et de Obwald). 11 autres cantons pourraient enregistrer, sur une période limitée, des effectifs supplémentaires liés au «rajeunissement» de l’entrée dans le préscolaire (effet allant jusqu’à 10% de plus d’élèves, que dans une situation statu quo, pour les cantons d’Appenzell Rhodes-Intérieures et les Grisons).

Baisse du nombre d’élèves des degrés primaire et secondaire I
Selon les nouveaux scénarios de l’OFS, il faut s’attendre à une diminution continuelle des effectifs d’élèves du degré primaire jusqu’en 2010. Ils régresseraient de 492’500 en 2004 à 455’000 en 2010 (soit -7,5%), mais seulement faiblement par la suite (-1% entre 2010 et 2015). De manière similaire au degré préscolaire, un rajeunissement de l’âge d’entrée dans le degré primaire pourrait avoir un léger impact à la hausse sur ces effectifs.
Au degré secondaire I, après une dernière progression entre 2004 et 2005 (262’200 en 2004 et 263’000 en 2005), le nombre d’élèves baisserait de 13% entre 2005 et 2015 (230’000). La baisse des effectifs d’élèves des degrés primaire et secondaire I devrait être enregistrée dans la quasi-totalité des cantons à l’exception de Genève et Zoug. Sur l’ensemble du degré préscolaire et de la scolarité obligatoire il y aurait alors entre 60’000 et 80’000 élèves de moins en 2015 qu’en 2004 (de -7 % à -9% suivant le scénario considéré).
Le nombre d’élèves qui sortiront de l’école obligatoire atteindrait un maximum en 2007 (84’000), contre 81’500 estimés pour 2005 (+3%), avant de diminuer de 11% jusqu’en 2015 (75’000).

Hausse des départs à la retraite des enseignants de l’école primaire
On constatera ces prochaines années un vieillissement du corps enseignant de l’école primaire. La proportion des enseignants âgés de plus de 50 ans, qui était de 20% en 1998, passera de 30% en 2004 à 33% en 2015. Le nombre annuel de départs d’enseignants de plus de 55 ans devrait augmenter de 40% environ jusqu’en 2015. Bien que cette évolution soit substantielle, elle aura un impact limité sur le recrutement, car les deux tiers des départs sont le fait d’enseignants de moins de 55 ans. Ce phénomène de vieillissement ne devrait par contre pas être constaté pour les enseignants du degré secondaire I (proportion stable à 31-32% d’enseignants de plus de 50 ans).

Les 50 ans et plus travaillent plus souvent à plein temps
Considérés sous l’angle du taux d’occupation et pour la scolarité obligatoire, les enseignants âgés de 50 ans et plus (soit, pour 2004, quelque 12’500 personnes représentant près de 8500 postes à plein temps au primaire et quelque 11’500 personnes représentant près de 8000 postes à plein temps au secondaire I) travaillent généralement plus que leurs homologues des classes d’âge inférieures. Au primaire, si le 35% des 30-49 ans est actif à plein temps, ce pourcentage monte à 45% pour les 50 ans et plus. A ce niveau, seuls les moins de 30 ans font mieux avec 60% de personnes à temps complet. Au secondaire I, 50% des 50 ans et plus sont occupés à plein temps contre 40% pour les autres classes d’âge.

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Quel avenir pour l’école? Des têtes bien faites ou bien pleines…?