Quelle relance pour 2009 ?

par | 3 Mar 2009

2008 a vu la crise financière éclater dans des proportions tout simplement inconcevables aux yeux des experts, des professionnels et des citoyens. Nombreux sont ceux qui ont dit qu’elle se propagerait à l’ensemble de l’économie, ce qui s’est avéré exact, mais sans doute plus lentement en Suisse qu’à l’étranger.

Un article du mois de septembre s’interrogeait sur la capacité de la Suisse à mieux résister que d’autres pays. On constate aujourd’hui que les bateaux mondiaux nous embarquent tous sur les mêmes mers agitées. Seul l’effet de la houle n’est pas ressenti de la même manière de la proue à la poupe. C’est d’ailleurs ce que le peuple suisse a bien compris le 8 février 2009 en acceptant de prolonger la libre-circulation avec l’Union européenne et en l’étendant, de manière très progressive, à la Roumanie et à la Bulgarie. S’enfermer dans sa cabine ne nous préserve pas du mal de mer; en revanche, on est sûr d’y manquer d’oxygène.

Agir vite et bien
Ce vote crucial, présenté à juste titre par la conseillère fédérale Doris Leuthard comme un élément fondamental de la relance, prouve que la majeure partie de la population ne croit guère aux solutions toutes prêtes en la matière et aux investissements en parts fixes. C’est aussi la démonstration que les citoyens pensent que l’économie suisse s’est restructurée et peut affronter avec succès les défis de la compétition internationale. Pour autant, la marge de manœuvre demeure étroite. Il y a d’abord l’équilibre à trouver entre plans de relance et finances publiques. On voudrait l’un et l’autre, le beurre et l’argent du beurre. Soit. Mais les Etats en situation de déficit sont les plus vulnérables, à preuve l’Italie dont les efforts de relance sont bien inférieurs à ceux de l’Allemagne ou de la France. Et sans argent, les problèmes sociaux deviennent ardus à résoudre. On trouve ensuite, derrière les plans de relance, l’agenda politique des majorités au pouvoir, un mélange de compromis parlementaires et l’expression des aspirations minoritaires. L’examen comparé des plans de relance américain, français, allemand et suisse traduit une conception fort variée des instruments à utiliser. Le plan proposé par la gauche helvétique pourrait s’appeler plan du chemin de fer et celui du gouvernement français plan de l’automobile. Qu’en serait-il si la Suisse avait eu une industrie de l’automobile? Au fond, le président Obama a raison de rappeler que tous les plans ont leur part d’incertitude, mais que l’absence de plan constitue la plus grande d’entre elles. Il reste tout de même à ne jamais oublier que l’on ne compare pas un marché comme celui des Etats-Unis avec celui de l’Helvétie. Sans doute faudra-t-il faire davantage en Suisse que ce qui a été prévu. Mais il faudra surtout le faire vite et bien. En d’autres termes, par des projets qui sont prêts et qui sont susceptibles d’améliorer rapidement l’offre et la demande. Ce qui se traduit aussi bien par une baisse de la fiscalité que par le développement d’infrastructures. A voir les controverses en cours, on peut craindre que le débat politique ne s’enlise dans les dogmes et n’apporte finalement que des réponses tardives à des problèmes immédiats. Dans ce contexte, l’approche plus mesurée, et plus séquentielle, de la relance par le Conseil fédéral n’est pas aussi fausse que certains le pensent. Pour le secteur financier, elle fait même école à l’étranger.

Découvrez également :

1 semaine pour 1 emploi : l’opération nord-iséroise maintenue à Villefontaine

Organisé du 1er au 9 octobre en région Auvergne-Rhône-Alpes, l'événement se donne pour objectif de répondre à la crise économique tout en s'adaptant aux risques sanitaires. En Isère, en combinant rendez-vous physiques et digitaux, ce ne sont pas moins de 16 événements...

Marie-Pierre Montoro-Sadoux à la tête de Chambéry-Grand Lac économie

Première adjointe au maire d’Aix-les-Bains et conseillère régionale, Marie-Pierre Montoro-Sadoux  succède à Xavier Dullin à la présidence de Chambéry- Grand Lac économie. Lancé en 2017, le syndicat mixte œuvre au développement économique du territoire....

Votations : un vent progressiste souffle sur Genève et la Confédération

Rejet de l’initiative dite « de limitation » de la libre circulation, adoption d’un salaire minimum et d’un véritable congé paternité, initiative en faveur d’une nouvelle mobilité… Les Suisses s’ouvrent franchement au progrès social. Les résultats des votations du...

Crise : vers un retour anticipé à la normale

Patrick Croissandeau, directeur de la Banque de France dans l’Ain, a fait le point sur les dernières prévisions, plus favorables en septembre qu’en juin.  « Par rapport aux différents scénarios envisagés, nos pré­visions de septembre compa­rées à celles de...

Sportivement, économiquement, la JL rebondit

Pas d’équipe sans leader, pas de leader sans équipe ! Les 4e rencontres du leadership de la JL bourg basket ont étudié sportivement le sujet, tout en lançant la saison. À la JL Bourg Basket, la saison 2019-2020 qui s’est achevée pré­maturément à la 25e journée avec le confinement, c’est l’histoire de la bouteille à […]

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.