La Tunisie, 30° à l’ombre, une république présidentielle, un climat soumis aux influences méditerranéennes et sahariennes, une culture maghrébine, une tolérance religieuse des plus solides, l’islam comme religion principale, mais aussi le judaïsme, le christianisme, des croyances d’origine berbère, l’endroit idéal pour organiser un colloque mêlant Foi et Raison. De notre envoyée spéciale en Tunisie Valérie. Propos recueillis par BP.

Sous le patronage du Président de la République Tunisienne Zine El Abidine Ben Ali, la Chaire pour le Dialogue des Civilisations et des Religions de l’Université de Tunis – El Manar a organisé un colloque international sur le thème de «La Raison et la Foi pour un monde solidaire» les 7, 8 et 9 mai 2007. Selon les mots du Président Tunisien «La Tunisie sera toujours au premier rang des défenseurs des valeurs de tolérance et de compréhension mutuelle». Tahar Tikri, le coordinateur général de l’événement, était chargé d’inviter les journalistes du monde entier pour donner la résonnance suffisante à ce colloque international empreint de la plus constructive des modernités. Les journalistes suisses, belges, italiens, français, algériens, égyptiens, anglais etc. ont été invités à se rendre sur place dans le grand hôtel El Mouradi. C’est plus de 70 orateurs faisant autorités, de toutes obédiences, qui ont présenté leurs dernières recherches et leurs dernières pensées.

COLLOQUE POUR LA PAIX
«Il y a tout sur terre pour que tous les hommes puissent prétendre au bonheur et vivre en paix» s’exclame le Professeur Mhamed Hassine Fantar, titulaire de la Chaire pour le Dialogue des Civilisations et des Religions dans sa présentation du colloque. Les éminents professeurs, intellectuels, savants, historiens, philosophes invités au colloque se sont tous exprimés tour à tour sur leurs sujets de prédilection. La problématique générale était de savoir comment s’y prendre pour aborder la Raison et la Foi dans un discours constructif porté sur la paix entre les civilisations.

RAISON et FOI, COMMENT et POURQUOI
Pour Mhamed Fantar, la Raison apparaît comme «un outil complexe qui permet d’accéder à la connaissance, de comprendre les choses, de répondre à la question COMMENT». «Mais à bord de la Raison, la foi est-elle accessible ?» s’interroge-t-il. Oui répond le professeur. Oui pour le profane, car la Foi n’est pas forcément liée à la Religion (le Profane peut avoir la Foi en l’homme, la foi en son travail…). Oui pour le Sacré, car ici, la Foi apparaît comme une croyance et comme une acceptation de ce qui échappe à la Raison. «Il s’agit alors de répondre à la question POURQUOI».

LIBERTE et VOIE A SUIVRE
Selon l’approche traditionnelle, la Raison apparaît plutôt scientifique et la Foi relève essentiellement de l’éthique et des croyances religieuses. Ce qui les différencie, c’est le fait que, selon les spécialistes, la Raison se veut libre alors que la Foi ne répugne pas toujours à l’argument d’autorité, notamment pour le contenu de la Révélation. Les protagonistes du colloque étaient tous animés par la flamme de l’envie d’user de la Raison et de la Foi en vue d’améliorer le bien-être sur terre. Tous les thèmes d’actualités les plus modernes ont été vus et revus par un florilège d’âmes bien pensantes : la mondialisation, les exploits et dérives de l’humanité, l’économique et l’éthique, l’environnement et le développement durable, l’éducation…Et tous les orateurs et spécialistes ont pris garde de ne faire de leurs discours que de simples propositions, laissant libres les personnes d’apprécier, d’acquiescer et de juger les propos énoncés. Un grand pas en avant pour le dialogue des cultures.

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Au coeur de Tunis. En marge du colloque, certains journalistes ont pu visiter le village de Sidi Bousaïd, la vieille Carthage, la Médina, l’université islamique Ezzitouna…