Retour à la case confinement : les réactions à chaud

par | 30 octobre 2020

Après le couvre-feu, les entreprises doivent s’adapter à un reconfinement, épargnant cette fois les établissements scolaires. En attendant les décrets d’application, tour d’horizon des premières réactions des acteurs locaux… entre sidération, résignation et colère.

Jean-Luc Raunicher, président du Medef 74 et Aura.

Nous comprenons le confinement, même s’il était un peu sorti de nos viseurs compte tenu des propos qui avaient été tenus par le chef de l’État. Par rapport à la première vague, la volonté de maintenir une activité économique est forte. Il est dommage que l’interdiction concerne des activités qui avaient fait d’importants efforts pour mettre en place les protocoles sanitaires.

Bruno Gastinne, président de la CCI 73.

Les entreprises maîtrisent bien les mesures à appliquer pour assurer la sécurité de leurs salariés. Elles vont devoir de nouveau adapter leur organisation et généraliser le télétravail pour les postes qui le permettent. Le coup de frein devrait être moins brutal que mimars. Nous avons tous une pensée pour les commerces qui vont devoir fermer leurs portes. Il est important qu’ils essaient de sauvegarder une partie de leur activité en exploitant au maximum les outils numériques qui sont extrêmement accessibles.

Guy Métral, président de la CCI 74.

Notre souhait de préserver l’activité économique et l’emploi a été entendu, mais le coup est rude pour les commerces non essentiels, les cafés et restaurants, dont les difficultés vont s’aggraver. Les conséquences risquent d’être dramatiques pour des secteurs comme l’habillement qui réalise 20 % de son chiffre d’affaires en novembre et décembre. Dans ce contexte malheureux et difficile, il faudrait qu’un soutien psychologique puisse s’ajouter aux aides financières.

Pour les commerçants, le cauchemar recommence…

Jean-Patrick Bailhache, secrétaire général de l’Union des Industries 73.

Même si nous nous attendions à un durcissement des mesures, le reconfinement prend les entreprises de cours. La situation reste très évolutive et incertaine. Par exemple, les accords pour une activité partielle prolongée (APLD) négociés avec l’État deviennent moins favorables que les mesures de chômage partiel qui sont réinstaurées. Nous ne savons pas non plus si nos centres de formation peuvent rester ouverts. Le fait que les crèches, écoles, collèges et lycées restent ouverts aura des conséquences positives sur l’absentéisme. En revanche, la frontière n’est pas toujours simple à établir entre les emplois qui permettent le télétravail et ceux qui ne le permettent pas.

Patrick Richiero, président de la CPME 73 et de BTP Savoie.

Plus de 50 % des adhérents à la CPME sont des petites entreprises (commerçants, hôteliers, restaurateurs, services) qui se trouvent déjà dans une situation économique dramatique. Il faudrait vraiment que les mesures prises soient adaptées à la configuration géographique : autant elles ont un sens dans les grandes villes, autant elles ne se justifient pas dans les zones rurales. Concernant le BTP, il faut absolument accélérer les procédures car les carnets de commandes pour début 2021 sont minces.

Paul Duverger, président du GNI-Rare (Rhône-Alpes Région Est).

On demande aux bars, restaurants, discothèques de fermer du jour au lendemain. Les questions concernant les pertes de marchandises, les loyers, les assurances, les banques restent en suspens. Les décideurs politiques avec lesquels nous échangeons sont globalement d’accord avec nos demandes, mais les mesures prises ensuite par les technocrates ne suivent pas.

Sébastien Buet, vice-président de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie 73-74.

Nous allons certainement manifester car nous aurions très bien pu continuer de fonctionner dans les conditions actuelles. Il y a deux poids, deux mesures dans la gestion de la crise.

Pierre Solvas, secrétaire général de la CGT 74.

Alors qu’on nous prive de notre liberté, il serait inacceptable d’envoyer certains salariés se tuer littéralement à la tâche pour préserver des intérêts particuliers. Seules les activités véritablement nécessaires à la survie du pays doivent être maintenues.


Par Sophie Boutrelle et Matthieu Challier

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