La présence de l’épeautre en Europe est attestée depuis l’âge de pierre. Vers la fin de l’âge de bronze, les zones de culture se sont étendues à l’ensemble du continent. Probablement issu du croisement naturel entre le blé amidonnier et le blé club, l’épeautre est devenu le « blé des Alémans ». Extrêmement résistant, il s’est imposé peu à peu dans un climat de plus en plus humide et froid. Alors qu’il était même utilisé comme moyen de paiement au Moyen Âge (en règlement de la dîme pour les cloîtres et les prévôts), l’épeautre a périclité depuis le début du XXe siècle, lors du passage de l’économie agraire à l’économie industrielle. La culture du froment promettait en effet des rendements plus élevés à l’hectare. L’épeautre reste pourtant une source de revenu importante pour les paysans et les meuniers dans les régions céréalières au climat moins favorable. C’est grâce à leur engagement en faveur de la qualité que l’épeautre n’a jamais été complètement oublié.

Depuis le début du XXIe siècle, la santé a pris davantage d’importance dans les esprits et les consommateurs s’intéressent de nouveau à la qualité de leur alimentation. L’épeautre est considéré comme une véritable centrale nutritive. Très riche en protéines, il contient des vitamines des groupes E et B, ainsi que de l’acide folique et de la niacine. La haute teneur en hydrates de carbone complexes, acides gras et fibres alimentaires apporte une sensation durable de satiété, appréciée des sportifs et de tous ceux qui font attention à leur ligne. En dépit d’un apport énergétique élevé, l’épeautre complet préserve l’équilibre du taux de glycémie. Même les gourmets, grands chefs et pâtissiers se mettent à l’épeautre avec conviction.

Que ce soit sous la forme de pains légers et digestes, de pâte à gâteau ou à pizza croustillante ou de pâtes agrémentées d’ingrédients de saison comme les champignons ou l’ail des ours, l’épeautre signe un retour magistral. Le grain vert, autrement dit le grain entier récolté avant maturation, est également délicieux en gratin, en semoule, en soupe ou en müesli.

Et côté boissons, on pourra se régaler d’une bonne bière à l’épeautre. La société IG Dinkel s’engage en faveur de cette céréale et de la réimplantation du véritable épeautre suisse sous la marque « UrDinkel ». IG Dinkel travaille également avec des boulangeries-pâtisseries qui s’engagent à respecter les prescriptions en matière de recettes et de pureté lors de la fabrication des produits à base d’épeautre. L’épeautre revient sur le devant de la scène. Par exemple du 27 au 29 août, lorsque l’Oberkulmer Rotkorn fêtera son 100e anniversaire avec de nombreuses animations.

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L’épeautre est considéré comme une véritable centrale nutritive.