L’Association romande contre la drogue (ARCD) partage l’inquiétude du directeur de l’Office des Nations Unies contre les drogues et le crime, M. Antonio Maria Costa, qui met en garde les maires des 63 villes et communes membres des «Cités européennes contre la drogue» (ECAD) contre le risque accru d’overdoses en raison de la récolte d’opium record enregistrée cette année en Afghanistan.

Appel aux maires des cités européennes
Dans une lettre adressée aux membres de l’ECAD, institution dont le secrétariat se trouve à la mairie de Stockholm et qui compte dans ses rangs notamment les villes de Lugano et d’Yxerdon-les-Bains, ainsi que plusieurs autres communes vaudoises, M. Costa rappelle que des livraisons d’héroïne plus importantes ont eu pour conséquence, dans le passé, une plus grande pureté du produit final plutôt qu’une baisse des prix dans la rue. Il encourage vivement les maires des « Cités européennes contre la drogue » et les centres de thérapie à prendre toute mesure utile dans les mois qui viennent et de mettre en garde les responsables du terrain contre le risque d’une augmentation possible du nombre d’overdoses. Le patron de l’UNODC a aussi exprimé sa préoccupation devant l’augmentation de la consommation de cocaïne en Europe.

Locaux d’injection mis en cause
C’est l’occasion de rappeler que le nombre d’overdoses mortelles a fortement augmenté l’an dernier en Suisse, passant de 182 à 211. Dans les seules villes de Zurich et de Genève, qui ne sont pas membres des «Cités européennes contre la drogue», ce nombre a passé respectivement de 58 à 63 et de 4 à 14. C’est aussi l’occasion de rappeler que ces deux villes possèdent chacune un ou des locaux pour l’injection ou l’inhalation de drogues illicites, dont l’existence porte préjudice à la prévention, à la thérapie axée sur l’abstinence et à la répression, les trois piliers d’une politique de la drogue cohérente et restrictive. La France, qui ne possède aucun local d’injection, a vu en revanche le nombre d’overdoses poursuivre son repli, avec seulement 57 cas recensés l’an dernier (Figaro du 19 octobre 2006).

Coûts sociaux liés à la drogue: 4 milliards
L’ARCD encourage vivement les pouvoirs publics à inciter les toxicomanes à s’insérer dans un réseau de soins, à maintenir leur soutien aux institutions thérapeutiques axées sur l’abstinence, à améliorer la prévention en matière de drogues et à renforcer la répression contre le trafic, toutes mesures qui doivent concourir à une réduction de l’offre et de la demande en même temps qu’à une diminution des coûts sociaux engendrés par la drogue, lesquels s’élèvent à plus de 4 milliards de francs par an.

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