L’exercice 2007 marque le nouveau départ de SCRASA. Redevenue indépendante en début d’année, l’entreprise jusqu’alors filiale du groupe LOSINGER, est à nouveau maîtresse de son destin. Près de 200 personnes ont fêté son autonomie retrouvée à Satigny le 27 septembre dernier. Daniel Bel, directeur et Christophe Arnaud, directeur administratif se sont livrés au petit jeu des questions-réponses.

Le passage de témoin s’est-il fait «en douceur»?
Daniel Bel
– Oui. Grâce à la fidélité des compagnons et des cadres à «l’esprit SCRASA», les clients de l’entreprise ont bénéficié d’une transition sereine d’une équipe à l’autre.

Quelle est votre situation actuelle?
Christophe Arnaud
– SCRASA évolue depuis début 2007 en tant qu’opérateur indépendant, géré par des repreneurs à la fois investisseurs financiers et cadres dirigeants. Avec un effectif de 150 collaborateurs, SCRASA dispose des moyens humains adaptés aux besoins du territoire cantonal en matière de génie civil. Revenue s’installer sur le site historique de SCRASA à Satigny (GE), l’entreprise réalise 70% de son chiffre d’affaires dans le génie civil (à l’exception de l’activité ouvrages d’art, non cédée par Losinger) et 30% dans l’exploitation de gravières. Ce second métier comprend l’extraction, le traitement, et le recyclage de matériaux, une niche en plein essor.

Parlez-nous de vos techniques de co-développement.
D.B.
– SCRASA a souhaité développer des partenariats avec les écoles d’ingénieurs comme l’EPFL. Ces moyens de recherche, combinés à ceux de ses grands clients comme les Services industriels de Genève (SIG), ou encore le Département du Territoire (DT) par l’intermédiaire des différents services (Gestion des Déchets, Renaturation des cours d’eau, Nature et Paysage) ont permis à l’entreprise de réaliser plusieurs travaux de co-développement sur des matériaux recyclés, aux multiples qualités techniques. Ces matériaux sont, pour l’essentiel, composés d’agrégats recyclés et de liants dont le secret est bien gardé. L’objectif de SCRASA est de vendre ces produits à d’autres prescripteurs publics (98% de sa clientèle).

On dit que vous avez inventé un nouveau produit?
D.B.
– Effectivement, un matériau auto compactant a été formulé en collaboration avec SIG. A ses qualités intrinsèques s’ajoute, en effet, une facilité de mise en œuvre, très appréciée des professionnels opérant sur les chantiers de la ville et du canton. Moins coûteux, ce matériau auto compactant engendre aussi moins de nuisances, car il permet le creusement de micro-tranchées.

En pratique qu’est-ce que cela va changer?
D.B.
– Une première européenne a été réalisée avec cette solution innovante, au printemps dernier, sur la route de Thonon. Cette solution offre une alternative à la pose classique des réseaux pour améliorer, par exemple, le développement du réseau de gaz. Chaque jour, on peut ainsi poser 300 à 500 mètres de conduites, contre 30 mètres seulement auparavant.

Comment bien utiliser cette nouvelle technique?
D.B.
– Quelques principes régissent cette nouvelle méthode. Il s’agit d’abord de positionner la conduite de gaz au-dessus des autres services existants (eau, téléphone, fibre optique…etc.) et de travailler le plus possible avec des moyens mécanisés. Trois machines bien spécifiques se suivent tour à tour. La première, la trancheuse, perce une ouverture d’une largeur de 15 centimètres et de 50 centimètres de profondeur, puis aspire les gravats. Le relais est pris par la seconde machine. Elle porte la conduite minutieusement déroulée et la pose dans la tranchée. Finalement, le dernier engin, le malaxeur, déverse le matériau auto compactant. Ce mélange coloré présente l’avantage d’être rapidement carrossable. La circulation sur la chaussée peut retrouver son cours normal, dès la fin de la journée. Un atout apprécié des usagers des routes, comme des riverains.

Votre société est-elle orientée développement durable?
C. A.
– Le développement de matériaux «verts» signés SCRASA n’en est qu’à ses débuts. L’entreprise est à la source d’une utilisation croissante de bétons et de graviers recyclés. Actuellement, plus de 60% des matériaux produits par la gravière SCRASA comporte une part de recyclage et les équipes travaux font la promotion de ces produits recyclés. Leur utilisation devrait rapidement grandir car, sous la houlette du conseiller d’Etat genevois Robert Cramer, le DT ainsi que la Ville de Genève favorisent la prescription de ces matériaux dans les soumissions publiques. L’Espace de Récupération des Chânats, construit par SCRASA pour le compte du DT, démontre les possibilités offertes par l’utilisation de ces matériaux recyclés.

Comment voyez-vous l’avenir?
C. A.
– Pour l’avenir, SCRASA travaille à la réduction des coûts liés au développement de plusieurs nouveaux produits afin de mieux profiter des fruits de sa recherche.
D.B. – Toutes activités confondues, l’entreprise table sur un chiffre d’affaires de l’ordre de 35 millions de francs pour l’exercice 2007.

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Daniel Bel, directeur et Christophe Arnaud, directeur administratif