Seynod rêve toujours de rééquilibrage

Seynod rêve toujours de rééquilibrage
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Aménagement. Alors que le Grand Épagny consolide sa place de leader, le centre-ville et Seynod tentent de faire mieux que résister.

Au début des années 2000, Seynod rêvait de construire une nouvelle zone commerciale de 22 000 mètres carrés, à proximité de l’hypermarché Géant existant. Un recours des commerçants indépendants de la Fédé 74 et une décision de justice (décembre 2003) l’ont contrainte à revoir ses ambitions à la baisse : “seulement” 13 200 mètres carrés pour la nouvelle zone Arcal’Oz, inaugurée en 2007. La commune avait trouvé la pilule d’autant plus amère que tout le monde – Fédé74 et élus de l’agglomération compris – s’accordait à dire qu’il fallait rééquilibrer l’offre commerciale du bassin en limitant la croissance au nord (Grand Épagny) pour favoriser le centre (Annecy ville) et le sud (Seynod).

Las, depuis, le Grand Épagny n’a fait que conforter sa position de pôle commercial leader, au niveau du bassin comme du département, en grandissant plus vite que ses voisins. Cela sans parler du projet Open Sky (Eco du 26 janvier), dont l’ampleur (7 400 mètres carrés) a ravivé les tensions chez les commerçants de la Fédé 74 comme chez les élus. L’exécutif du Grand Annecy doit arrêter sa position le 6 décembre, à la veille de l’examen du dossier en commission départementale (CDAC), et donc n’a pas souhaité répondre à nos questions sur l’équilibre commercial du bassin avant cette date.

Desserte et lisibilité

Avec sa casquette d’adjoint à la commune délégué de Seynod, Olivier Barry prend moins de pincettes et rappelle que « des centaines de logements sont en cours de construction ou prévus à court-moyen terme sur Seynod : il faut que l’offre commerciale se développe à proximité ». Mais reconnaît les difficultés : le foncier commercial immédiatement disponible sur Arcal’Oz a déjà été cédé au privé, en l’occurrence la filiale dédiée du groupe Casino. Si bien que la commune n’a plus la maîtrise de la situation. La transformation en boulevard urbain de l’actuelle RD 1501 (avenue d’Aix-les-Bains) pourrait offrir de nouvelles possibilités, avec une approche mixte plutôt qu’une extension de la zone commerciale : des commerces et services en rez-de-chaussée, des bureaux ou des logements en étages.

Mais border d’immeubles le haut de l’avenue d’Aixles- Bains risque d’avoir aussi pour effet de masquer la Zac de Periaz aux usagers de la principale desserte routière d’Annecy par le sud. De quoi mettre en exergue un autre volet du déséquilibre : « Si le Grand Épagny se développe autant, c’est aussi grâce à son accessibilité et à ses capacités de stationnement. Or la desserte (route, modes doux, transports en commun), ne cesse d’y être améliorée : rééquilibrer au profit du centre-ville ou de Seynod devient encore plus difficile », relève Mathieu Cazaban, président des Vitrines d’Annecy, l’association des commerçants de la commune nouvelle, incluant Seynod.

Arcal’Oz et sa voisine Géant-Val Semnoz sont aussi plutôt bien desservies, mais souffrent d’un manque de visibilité, voire de lisibilité. « Avec la commune et les gestionnaires des sites nous travaillons sur un nom unique, qui pourrait être Annecy Semnoz. Et, de là, à une meilleure signalétique », poursuit Mathieu Cazaban. Si l’extension géographique (construction sur des surfaces vierges) du Grand Épagny devrait dorénavant rester limitée, la densification et le renouvellement (à l’image d’Open Sky, prévu sur une friche) pourraient tout de même conduire à l’émergence de nouvelles surfaces dans les années à venir. Face à cela, le centre-ville d’Annecy ne va pas rester inactif.

L’extension des Galeries Lafayette et de la galerie commerciale attenante (+6 000 mètres carrées au total) pourrait débuter en 2019. Avec, pour faire le lien avec l’hyper-centre (Courier et rues piétonnes), le nouveau pôle culturello-touristique des Haras (ouverture prévue en 2023). En plus de la requalification de l’avenue d’Aix, Seynod a aussi son grand projet dans les cartons : celui du multiplexe cinématographique (lire ci-contre). Pas sûr qu’il suffise, demain, pour jouer le premier rôle.

Deux projets en attente

Au Grand Épagny comme à Val Semnoz, deux gros projets sont en suspens. D’ici la fin de l’année ou début d’année prochaine, la commission départementale d’aménagement commercial doit ainsi se prononcer sur l’opération Open Sky, portée par la CCI 74. À Seynod, le projet du multiplexe de 9 salles de cinéma sous enseigne Mégarama est toujours au point mort, alors qu’il était censé ouvrir en septembre 2019. Accepté par la commission nationale d’aménagement cinématographique en 2016, il a suscité plusieurs recours, tous rejetés par la cour d’appel administrative. Un recours de plus a été porté sur un aspect de ce rejet. Le Conseil d’État tranchera au printemps 2019, pour une ouverture désormais espérée en 2020.

Éric Renevier

Val Semnoz table sur l’avenir

Alexis Gabreau compte sur l’arrivée de 10 000 nouveaux habitants dans un périmètre proche de Val Semnoz pour faire réellement décoller la galerie.

Seynod. La galerie commerciale Val Semnoz espère décoller d’ici 2022. Il y a ceux qui « adorent », ceux qui trouvent cela « tristounet », avec « beaucoup d’emplacements vides », ceux qui se demandent même « pourquoi Décathlon est venu s’installer là ». Les avis Google sur la galerie Val Semnoz, à Seynod, résument en tout cas une réalité : on ne se bouscule pas dans les allées de la galerie marchande, toute propre et accueillante soit-elle.

Pourtant, son directeur, Alexis Gabreau, affiche des résultats de fréquentation en légère progression : +5,1 % en 2016, +1,3 % en 2017 et +0,6 % pour le premier semestre 2018. L’évolution du chiffre d’affaires global des 60 boutiques serait elle aussi positive, avec +2,6 % en 2017. « On atteint même +6,2 % sur le secteur de la santé-beauté et +3,7 % sur la culture, les cadeaux et les loisirs », affirme-t-il. Propriété du groupe Mercialys, qui gère une soixantaine de galeries en France, toutes attenantes à un hypermarché Géant, celle de Seynod peine à drainer les foules. Huit boutiques sont actuellement fermées, dont deux vont cependant se remplir bientôt. Grenier alpin va ainsi, d’ici la fin de l’année, investir les 395 mètres carrés autrefois occupés par Maisons du monde.

Et l’enseigne Action va s’installer dans 1 100 mètres carrés près de l’entrée de l’hypermarché début 2019. Trois magasins ont en outre fait leur apparition en 2018 : Guest Star, Coktel Store et Princesse boutique. « Nos difficultés proviennent du fait que nous ne disposions pas d’assez de moyennes surfaces auparavant », explique le directeur. L’extension de la galerie, en 2010-2011, a permis d’accueillir 20 enseignes de plus, mais c’est surtout l’arrivée de Décathlon, en 2017, et de deux nouveaux restaurants, qui a redonné un peu de souffle à Val Semnoz. « On a fait le pari du développement en se basant sur l’évolution démographique de Seynod, qui doit accueillir 10 000 habitants de plus d’ici 2022. Parallèlement, on constate une sur-densification de la zone d’Épagny qui engendre un déséquilibre commercial sur toute l’agglomération. »

Sylvie Bollard

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