La troisième édition du Sierre Blues Festival à enfin répondu aux espoirs de ses organisateurs. Qualité et quantité étaient au rendez-vous d’un cru 2011 qui aura vu défiler plus de 10’000 spectateurs.

Après la galère de la première, en 2009, essentiellement due au mauvais temps, et son « gros déficit », comme le confirme Silvio Caldelari, fondateur et big boss du Sierre Blues, il semble cette fois que le festival progresse. En tenant compte de la fréquentation du festival « off » (en ville de Sierre, dans certains estaminets), 2009 a pu compter sur 5300 spectateurs ; 7200 l’année dernière ; et plus de 10.000 cette année.
« On pense que le festival se trouve sur de bons rails » commente le boss Silvio. « On s’est donné 5 ans pour l’ancrer dans le calendrier culturel suisse. En améliorant certains détails, ça devrait le faire !.. ». A commencer par le jeudi d’ouverture qui pourrait bénéficier d’une grosse pointure.

Programmation pointue

Le Sierre Blues mise d’abord sur une programmation pointue qui n’avantage pas toujours une fréquentation dite « commerciale ». « Notre crédo, c’est effectivement la qualité musicale. Les artistes qui sont venus à Sierre en sont à chaque fois repartis enchantés » constate l’homme-orchestre du festival. Le public, désormais, l’a semble-t-il compris lui aussi.
Dans cette édition, les blues women, omniprésentes cette année, n’ont pas laissé pour compte les artistes de blues masculin.On pense notamment aux incontournables Status Quo (qui ont littéralement enflammés la Plaine Bellevue samedi soir), le Camerounais de Paris Roland Tchakounté, étonnant de subtitlité et de partage, ou les Lettons de derrière les fagots Latvian Blues Band.
Il n’empêche que les femmes étaient vraiment au top de cette édition. On aura par exemple vu et entendu cette année des musiciennes en devenir, telles Nina Attal, 19 ans seulement – une Française à la « puissance fabuleuse qui va cartonner dans le paysage européen d’ici peu » affirment les spécialistes – l’Australienne Kara Grainger, « qui va faire très mal à l’avenir » ou encore l’Américaine Javina Magness, star incontestée aux USA et somme toute peu connue en Europe.

Coups de pouce surprise

Cette année, le Sierre Blues a bénéficié d’au moins deux gros coups de pouce. Le premier, et non des moindres, est venu des seigneurs british du boogie-rock, l’énorme et incontournable Status Quo des annoblis Francis Rossi et Rick Parfitt. « Le management de ce groupe aux 130 millions d’albums vendus a accepté de jouer le jeu d’un jeune festival comme le nôtre en nous accordant une exclusivité suisse romande » confirme Silvio Caldelari. Un avantage non négligeable qui pourrait ouvrir des portes de programmation jusqu’ici inaccessibles aux organisateurs sierrois.
Le second coup de pouce est venu d’un autre seigneur, romand celui-ci : Claude Nobs en personne. Le célèbre fondateur du Montreux Jazz Festival s’est en effet fendu d’une visite surprise au Sierre Blues vendredi soir, à l’invitation de son ami bernois Philipp Fankhauser, tête d’affiche de la soirée. Il est même monté sur scène pour dire tout le bien qu’il pensait du blues et du festival de Sierre. Et puis, cerise sur le gâteau, il a accompagné à l’harmonica le band de Fankhauser en début de prestation. « C’est fabuleux de pouvoir compter sur une caution pareille ! » s’égosille Silvio Caldelari. Qui n’en revient toujours pas de constater que « son » festival représente l’unique entorse à une règle établie depuis les années 60 : l’harmoniciste Nobs ne monte sur scène qu’à Montreux.

160 bénévoles

Il convient ici de souligner enfin l’importance des bénévoles affairés aux manifestations dans la région. 160 au total pour le seul Sierre Blues, sans oublier son comité d’organisation, fort de 15 membres, eux aussi bénévoles.Sans eux, probablement que ce genre d’événement ne serait pas ce qu’il est. Ceci traduit bien l’esprit d’une région sierroise qui vit généreusement les événements qui se déroulent sur ses terres.
On ne saurait conclure sans saluer la journée des familles du dimanche. Ouverte et gratuite, elle a réuni des milliers de gens d’ici et d’ailleurs, démontrant – si besoin est – que le blues amène à la communion des peuples.

img17707.jpg

Photo LDD @ Aldo Zambon Sierre Blues Festival : “Concert énorme de Status Quo devant plus de 6’000 personnes.”