Le site naturel transfrontalier de La Feuillée a été inauguré ce jour en présence des principaux acteurs du territoire du Grand Genève. La Feuillée, espace emblématique de liaison pour la faune et la flore, est un exemple concret d’actions simples mais efficaces menées dans le cadre du contrat corridors transfrontalier Champagne-Genevois. Situé à cheval sur les communes de Saint-Julien-en-Genevois et Soral, ce site de 16 hectares fait l’objet d’un programme de gestion qui vise notamment le maintien et l’expansion des espèces rares et menacées déjà présentes.

Maintenir et restaurer les connexions biologiques est au coeur des engagements de la région pour la préservation de l’environnement et des espaces agricoles et naturels sensibles. En effet, pour se nourrir et se reproduire les animaux ont besoin de se déplacer et les plantes doivent pouvoir se disséminer. Or ces déplacements quotidiens ou saisonniers, nécessaires à la survie de ces espèces, peuvent être entravés par la densité urbaine que connaît l’agglomération franco-valdo-genevoise. La présence de voies de transports ou de zones industrielles constituent alors autant d’obstacles qui peuvent menacer la biodiversité de toute une région.

Avec la signature du contrat corridors transfrontalier Champagne-Genevois, la Communauté de communes du Genevois (CCG) et l’Etat de Genève s’étaient engagés, en 2012, à unir leurs efforts pour mener des actions concrètes sur le terrain. Sur le site naturel de La Feuillée, un plan de gestion prévoit sur dix ans, des travaux et des mesures d’entretien nécessaires au maintien ou à l’expansion des espèces rares et menacées.

Ce site de 16 hectares, exploité en tant que gravière dans les années 1930, remblayé puis laissé à l’abandon pendant des années, a finalement fait le bonheur de nombreuses espèces végétales et animales venues coloniser les lieux. Les inventaires faune et flore qui ont été réalisés courant 2013 et 2014, ont révélé ainsi la présence d’espèces rares et protégées telles que le crapaud calamite, le guêpier d’Europe ou encore certaines orchidées sauvages.

« Il s’agit d’actes concrets qui ont des résultats tangibles sur le terrain », a relevé M. Luc Barthassat, conseiller d’Etat chargé du département de l’environnement, des transports et de l’agriculture (DETA). Les travaux débutés en 2015 sont d’ores et déjà couronnés de succès : les guêpiers ont commencé à creuser dans la nouvelle butte cette année, et les mares ont accueilli de très nombreuses pontes de crapauds calamites, pour la plus grande satisfaction des différents acteurs qui ont oeuvré sur le site.

Les autorités françaises et suisses se sont également coordonnées afin d’harmoniser les conditions d’accès sur le site. Des opérations conjointes d’information au public seront également effectuées durant les week-ends. « On ne peut que se féliciter pour l’aboutissement de ce projet, reconnu comme un modèle de coopération transfrontalière dans la préservation d’espèces remarquables », s’est réjoui M. Pierre-Jean Crastes, président de la Communauté de communes du Genevois. Des démarches sont en cours pour offrir au site de La Feuillée une protection légale sur le long terme : classement en réserve naturelle côté suisse et arrêté de protection de biotope côté français.

Des mesures simples mais efficaces !

Mares : plusieurs types de mares ont été testés sur le site, réalisés avec des matériaux différents. Le but des mares temporaires est de privilégier le crapaud calamite. En effet, les mares ne seront en eau que lors de la période de reproduction, ce qui évite la concurrence avec d’autres espèces d’amphibiens. Les mares permanentes auront pour but de servir de « gardemanger » aux guêpiers notamment.

Buttes en sablon : la butte existante s’érode, le talus a été refaçonné et des fascines ont été posées au pied pour retenir le sable et empêcher la circulation de véhicules à moteurs. Une nouvelle butte a été créée un peu plus loin sur le site pour prendre le relai de la première.

Ronciers : un débroussaillage partiel du site a eu lieu et devra se poursuivre. Une partie des ronciers existants a été conservée car il est bénéfique pour de nombreuses espèces, notamment la pie-grièche écorcheur qui empale sont repas sur les buissons épineux ! Un fauchage avant montée en graines, aura lieu également pour lutter contre les espèces invasives comme le solidage, présent sur le site.

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