Regardez la bannière étoilée… Elle porte aussi des rayures: treize, comme les treize états fondateurs. C’est peut-être ce qui manque à l’Europe…

On l’a vu avec l’élection de Barack Obama, l’Amérique est sûre de sa destinée, confiante en son avenir, certaine de passer les mauvais caps.
Une fédération forte et tournée vers le futur où chacun sait qu’il a un rôle à jouer. Bref, à peu de choses près, le contraire de l’Union Européenne… Dur dur, pour ceux qui ont rêvé un jour des Etats-Unis d’Europe… Fatalité? «La fortune n’a pas les bras longs, elle ne s’empare que de celui qui s’attache à elle», écrivait à Lucilius le grand Sénèque. On a donc la bonne fortune que l’on se dispose à avoir… Alors, pourquoi les Etats-Unis d’Amérique réussissent-ils là où l’Europe piétine pesamment? Ne veut-on pas, sur le vieux continent, réussir au moins aussi fort qu’au Nouveau Monde? Sûrement si…

Des étoiles et des rayures
Pour comprendre, peut-être faut-il remonter aux origines des deux fédérations… Et comprendre les symboles… Pour les USA, le grand symbole, c’est assurément le drapeau, le fameux «Stars and Stripes», étoiles et rayures. Il a été créé progressivement, au moment de l’affranchissement de la tutelle anglaise. Au tout début, on a d’abord pris un emblème britannique, le «Red Ensign» de la marine, sur lequel on a ajouté des bandes blanches pour évoquer les treize états primitifs de la déclaration d’indépendance. L’«Union Jack» du canton a bientôt disparu pour laisser la place aux treize premières étoiles, complétées ensuite au fur et à mesure des adhésions. Le drapeau est bien celui de tous les états, en rappelant aussi les treize premiers. Le «Stars and Stripes» est donc particulièrement signifiant et l’on connaît l’attachement de chaque Américain pour le drapeau national. Même au triste temps de la guerre de sécession, les Sudistes ne se résignaient qu’avec peine à l’abandonner en créant le «Stars and Bars»… Qu’en est-il pour l’Union Européenne? Une bannière bleu, bien anonyme, et douze étoiles jaunes en rond qui symbolisent, dit-on, affirme-t-on, «communique»-t-on, la «perfection» ou la «plénitude». On cache soigneusement sa symbolique religieuse, pourtant assez évidente pour n’importe quel visiteur d’églises où fleurissent les statues de la Vierge miraculeuse… Et le drapeau européen demeure inconnu, quand il n’est pas rejeté… Combien d’Européens ont d’ailleurs cru, quand l’Union a dépassé les douze adhérents, qu’on allait ajouter des étoiles? Beaucoup! Trop sans doute. Mais l’Europe n’est décidément pas l’Amérique et le drapeau demeure mal aimé, méconnu… Et s’il est affiché officiellement en bien des lieux, le citoyen n’en est nullement fier.
On voit que c’est tout simplement parce qu’on ne le comprend pas. Émile de Girardin le disait bien: «Un drapeau qu’on cache dans sa poche, ce n’est pas un drapeau, c’est un mouchoir.» Alors, pour que l’Europe prenne confiance en son avenir, ne lui faudrait-il pas choisir un autre drapeau, porteur enfin de symboles que connaissent, reconnaissent et apprécient les Européens?
Allez, il ne reste plus qu’à lancer un concours!.

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Une fédération forte et tournée vers le futur où chacun sait qu’il a un rôle à jouer