Comme dans un improbable Musée de l’Homme, tout commence par des scènes qui semblent reprises, décalées de la gangue encore chaude de l’immédiat quotidien. Dans une salle commune, trois hommes et trois femmes déménagent des objets. Ils vont, viennent, perdus dans un contexte qui les voit faire leurs tâches habituelles. Puis, cela dérape: un danseur sort de l’espace confiné suivi d’un autre. Les situations voltigent, circulent. Surgissent alors de sidérantes images comme agitées dans le mouvement de ressac et de va-et-vient des corps et des sons stratosphériques de Cristian Vogel, musicien et DJ.

Tout s’installe et se désinstalle à vue dans cet environnement fragile, cloisonné et surchargé où les interprètes enveloppent les objets d’une matière humaine, à la recherche d’un positionnement idéal, d’un lieu de vie, d’un espace. Comme il est question de mécanisation de l’humain, le sexe est abordé par des corps vêtus s’encastrant dans des positions explicites. Tout est ici détaché du compulsif de l’industrie du X, de son contraignant surveiller et jouir, comme mis entre parenthèses avec une ironie malicieuse, tant les zones de contacts entre anatomies dissimulées derrière des pochettes de disques ou des bidons plastifiés. Les corps enfin disparaissent dans les limbes ou sous des couvertures pour accéder à un autre état. Du quotidien dont nous venons à l’infini vers lequel nous allons, Steak House aura brassé et redistribué toutes les cartes du vivant.

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Le spectacle se déroule jusqu’au 1er décembre prochain.