Dans le cadre de la Journée internationale de tolérance zéro contre les mutilations génitales féminines, Le Président de l’Union interparlementaire (UIP), M. Pier Ferdinando Casini, appelle les législateurs à intensifier leur action pour combattre les mutilations génitales féminines, particulièrement dans les régions où cette pratique est largement répandue. « Des lois ne doivent pas seulement être adoptées mais aussi être mises en oeuvre dans tous les pays concernés », a-t-il déclaré.

Changer les mentalités
Le Président de l’UIP s’est dit satisfait que plusieurs pays aient adopté des lois ces dernières années concernant les mutilations génitales féminines, et que d’autres aient eu recours aux tribunaux pour faire respecter les lois en vigueur. « Mais réprimer ne suffit pas. Il est important de changer les mentalités et de travailler pour le développement. L’avis rendu en novembre 2006 par l’Université Al-Azhar au Caire, la plus haute autorité religieuse du monde islamique, est donc un pas important dans la lutte contre les mutilations génitales féminines ».

Ces mutilations nuisent à la santé
Pour le M. Gamal Serour, Directeur du Centre islamique pour la recherche et les études sur la population de l’Université Al-Azhar,“les mutilations génitales féminines n’ont aucune base religieuse, que ce soit dans le Coran ou dans les Hadiths authentiques, les citations attribuées au Prophète Mahomet. La science a démontré que ces mutilations nuisent à la santé des enfants et diminuent la qualité de leur vie. Elles sont dès lors interdites et ne devraient être pratiquées ni par des praticiens traditionnels ni par le corps médical ».

Une collaboration nécessaire au plan religieux
Selon M. Serour, des dizaines d’années seront nécessaires pour éradiquer les mutilations génitales féminines car cette pratique est profondément ancrée dans la culture de certains pays, particulièrement en Afrique et en Asie. “Nous devons convaincre tous les gens, hommes et femmes, que cette pratique traditionnelle n’apporte aucun bienfait. C’est la raison pour laquelle il est très important de travailler en étroite collaboration avec les chefs religieux et coutumiers, et avec les présidents des comités chargés de l’éthique au sein de la Fédération internationale de gynécologie et d’obstétrique (FIGO). La FIGO a d’ailleurs publié des recommandations qui s’adressent au personnel médical et aux chefs religieux, ainsi qu’aux parlementaires ».

Des engagements clairs
En décembre 2005, l’Union parlementaire africaine (UPA) et l’Assemblée nationale du Sénégal, en collaboration avec l’UIP et le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), ont organise une conférence régionale au Sénégal, à laquelle ont participé des législateurs venus de pays africains et de pays qui accueillent des migrants africains. Tous se sont engagés à mettre fin à cette pratique traditionnelle. Selon des statistiques de l’UNICEF, une fillette ou une jeune femme est, en moyenne, mutilée sexuellement toutes les 15 secondes, dans d’atroces souffrances. Plus de 100 millions de femmes et de fillettes ont été victimes de l’excision, de l’infibulation ou d’une autre forme de mutilation génitale, non seulement en Afrique mais aussi dans les pays qui accueillent des migrants africains.

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