Déjà plus de 70000 signatures ont été recueillies en faveur de «l’Initiative populaire fédérale pour un climat sain». Le résultat est clair: la population veut que la Suisse apporte une contribution équitable à la protection du climat. Les initiateurs de cette initiative soulignent en plus qu’il est grand temps que la situation évolue dans la protection du climat.

Fin mai, l’association faîtière Initiative pour le climat, soutenue par les organisations écologiques et les membres de presque tous les partis, lançait «l’Initiative populaire fédérale pour un climat sain». La collecte de signatures est très satisfaisante. Déjà plus de deux tiers des 100000 signatures exigées ont été réunies au cours des trois premiers mois. Les initiateurs de cette opération poursuivent leurs efforts et veulent rassembler un maximum de signatures d’ici les élections du mois d’octobre.

Des scientifiques renommés et leurs modélisations confirment que le réchauffement climatique ne doit en aucun cas dépasser 2°C pour éviter les effets dangereux sur l’Homme et l’environnement. Même l’Organe consultatif sur les changements climatiques (OcCC) du Conseil fédéral considère qu’un réchauffement de 3°C est trop dangereux, et exige des mesures exhaustives et efficaces pour limiter le réchauffement à moins de 2°C. Le Rapport sur le climat présenté le 16 août dernier par le conseiller fédéral Moritz Leuenberger propose trop peu de mesures, lesquelles autorisent une élévation de la température de 3°C. La Suisse a adopté une loi sur le CO2 qui, bien qu’en vigueur, n’est pas appliquée, et a ratifié un traité international. Des mesures efficaces peuvent et doivent être mises en œuvre immédiatement. En outre, l’initiative pour le climat est nécessaire. Car seule la réduction de 30% des émissions de CO2 (d’ici 2020) qu’elle exige, permettra de limiter les changements climatiques. La Suisse apporterait ainsi sa contribution à la nécessaire réduction du CO2 des pays industrialisés. Comparé au but de l’Allemagne, qui veut réduire ses émissions de 40%, cet objectif reste pour le moins modeste.

Au cours des 30 dernières années, les températures en Suisse ont augmenté de 0,5°C par décennie, soit plus du double que la moyenne mondiale, comme l’a indiqué l’Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage (FNP) dans une étude publiée en juin 2007. «Il faut s’attendre à ce que ce rythme de réchauffement supérieur à la moyenne se poursuive», déclare Martine Rebetez, climatologue du FNP. «Notre pays montagneux réagit de manière particulièrement sensible aux changements climatiques. La Suisse a donc tout intérêt à prendre la protection du climat au sérieux.»

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La Terre ressemblera-t-elle bientôt à un désert?