La décision de retarder d’une heure le TGV de 5 h 32 entre Annecy (6H25 à Chambéry) et Paris a finalement été annulée par la SNCF.

Mise à jour du 7 octobre :

Finalement, elle n’a même pas attendu la fin de la semaine (lire Eco du 4 octobre). Dès lundi 7 octobre, la SNCF a fait machine arrière : le premier TGV du matin (départ d’Annecy à 5 h 32) ne sera pas décalé d’une heure. Une reculade qui fait suite à la mobilisation de collectifs d’usagers, d’associations et d’élus de tous horizons.

La SNCF justifiait cette expérimentation, prévue sur six mois à partir du 15 décembre, par un taux de remplissage « inférieur à 50 % », chiffre pris avec circonspection par les associations d’usagers. Devant la levée de boucliers, elle s’était donné un délai de réflexion.

« La SNCF nous a informés, après vérification de la disponibilité des sillons, que ce train pouvait et allait être remis en circulation », se réjouit le communiqué émanant des maires d’Annecy (Jean-Luc Rigaut), Aix-les-Bains (Renaud Beretti) et Chambéry (Michel Dantin). Les trois élus « remercient Guillaume Pépy et ses équipes d’avoir entendu l’importance de ce train qui permet à de nombreux Savoyards et Haut-Savoyards de se rendre à Paris essentiellement pour raisons professionnelles ».


Article du 4 octobre :

C’est le seul train permettant de rallier la capitale avant 10 h du matin depuis Annecy, Aix ou Chambéry. Pourtant, il afficherait un « faible taux de remplissage », selon la SNCF… qui ne publie pas les chiffres de fréquentation.

Et pour l’entreprise ferroviaire, le décalage de l’horaire de ce TGV (de 5 h 32 à 6 h 32 au départ d’Annecy), programmé à partir du 15 décembre, n’était qu’une « expérimentation » (jusqu’en juillet 2020), pas une suppression.

Mais la décision a suffi à provoquer des wagons de réactions. Ces derniers jours, de nombreux élus – des deux Savoie et de divers bords politiques – se sont mobilisés. Une pétition a été lancée par des usagers (sur change.org). La CGT cheminots a rappelé qu’elle était montée au créneau en interne dès le mois d’août.

Et les milieux économiques, via la CCI 74, ont fustigé une décision de nature à « fragiliser davantage » une desserte ferroviaire « déjà pas à la hauteur du dynamisme » du territoire.

Le décalage d’une heure du train de 5 h 32 ne serait pas la première entaille dans la desserte avec Paris. En 2018, quatre trains quotidiens (deux au départ de Paris, deux depuis les Pays de Savoie) avaient été supprimés.

Résultat, la SNCF nous a indiqué, jeudi 3 octobre, qu’elle prenait « un délai de réflexion supplémentaire », sans doute jusqu’à la fin de la semaine prochaine. La veille déjà, le député savoyard Vincent Rolland avait expliqué avoir obtenu du nouveau président de la SNCF (lors de son audition à l’Assemblée nationale) qu’il s’engage « à regarder personnellement » le dossier.

Cette mobilisation pour le maintien du ferroviaire n’est pas une première en Pays de Savoie : réduction du nombre de TGV vers Paris (déjà) et Marseille en 2018 et suppression des derniers trains de nuits vers Saint-Gervais ou Bourg-Saint-Maurice (2016) avait aussi fait réagir.

Mais cette fois-ci, l’ampleur et la diversité des oppositions semblent avoir plus d’effet. Au moins pour quelques jours.


Par Jérôme Bois et Éric Renevier


Cet article est paru dans votre magazine ECO Savoie Mont Blanc du 4 octobre 2019. Il vous est exceptionnellement proposé à titre gratuit. Pour retrouver l’intégralité de nos publications papiers et/ou numériques, vous pouvez vous abonner ici.