Depuis quelques semaines, de petits attroupements réguliers se forment devant la vitrine de la Médiathèque Valais de Martigny. L’explication: «Touche voir», une vitrine tactile qui permet de voir pas moins de 40 000 documents (photos, vidéos, sons, etc.), soit la totalité de MEMO Valais, une base de données interactive sur l’histoire de notre canton, à disposition des passants.

1re vitrine multi-touch du canton
«C’est la première vitrine multi-touch du Valais», explique Gaël Papilloud, de la société CréActif à Martigny. Multi-touch? Le terme signifie que six doigts peuvent jouer simultanément sur un écran sans que celui-ci ne s’en émeuve. «Le public peut aussi feuilleter un ouvrage très ancien sans risque de l’endommager», explique Alain Praz, de la société AlpSoft. Pour ce projet, CréActif s’est chargé de l’habillage graphique et de la mise en scène tandis qu’AlpSoft a conçu la partie informatique, logicielle. Depuis deux ans, ce duo d’entreprises – CréActif et AlpSoft – évolue sous l’appellation «touch, solutions tactiles» pour ce domaine d’activités particulier.

Projet pilote avec les CFF à Zoug
«Depuis le Smartphone, explique Alain Praz, tout a changé. L’entrée du tactile dans nos vies s’est faite de façon fracassante, les plus jeunes n’ont connu que ça et aujourd’hui tout le monde explore ce mode de communication afin d’en tirer le meilleur.» Dans cet esprit, touch travaille actuellement sur un projet pilote avec les CFF, en gare de Zoug. Six totems tactiles renseignent les voyageurs sur les horaires de train et livrent aussi des contenus audio, vidéo et des informations culturelles, touristiques, etc. L’analyse des données permettra de comprendre l’attrait des informations proposées selon différents critères comme le moment de la journée ou encore l’emplacement de la borne sur le quai.

La particularité de touch dans ce secteur? Le «sur mesure». «Tout peut être intégré sur n’importe quel support, explique Gaël Papilloud.
Une caméra, un système de reconnaissance de mouvements, un lecteur de codes-barres, de cartes de crédit, un clavier, un micro, un module d’impression, etc.» Le défi consiste à définir pour chaque client le dispositif adapté à ses besoins et à sa clientèle, puis à le construire et à le doter d’une voire de plusieurs applications elles aussi construites sur mesure.

Touch, une nouvelle philosophie d’information
Au-delà du «gadget» tactile, ces nouvelles solutions sont de plus en plus prisées, et pas seulement des grandes marques. «Au Château de Chillon, certaines salles ne sont pas accessibles aux handicapés», explique Alain Praz. «Une borne tactile équipée de vidéo leur permet de s’y rendre virtuellement.» Une bijouterie pourra offrir au regard des passants, sans risque et à toute heure, ses plus belles pièces, mais les débouchés existent aussi pour le tourisme par exemple. A quand des sentiers… «didactiles»? touch y travaille…

«Un écran tactile, se défendent Gaël et Alain, ce n’est pas une simple fonction ajoutée à un écran. C’est une autre philosophie d’information, une façon nouvelle de présenter les choses, de les penser, de les concevoir.» Il y a quelques jours, touch a ainsi conçu pour une grande société hydroélectrique valaisanne un décor aquatique, des murs et des sols qui glougloutent, réagissent quand on les touche ou les piétine, transformant ainsi un entrepôt en salle de réception célébrant la fraîcheur et le mouvement, un décor éphémère, sans solvants, facilement démontable et recyclable!

Le «touch» serait-il enfin la solution pour tirer le meilleur des nouvelles technologies apparues au cours des 20 dernières années?

img19483.jpg

C’est la première vitrine multi-touch du Valais