La culture, Renate Cornu connaît! Créatrice du centre d’art Halle Sud, d’une revue d’art, actrice de la promotion culturelle de la Ville de Genève, responsable du mécénat d’entreprises pour le Grand Théâtre jusqu’à son départ à la retraite, Renate Cornu nous confie ses impressions sur la Genève culturelle entre défis rencontrés et progrès à réaliser.

Quelques mots sur vous?
Je viens de prendre ma retraite du monde professionnel. J’ai toujours été intéressée par l’art pictural, les musées, l’architecture ou le design… Après des études d’Histoire de l’Art, j’ai créé Halle Sud, un centre d’Art contemporain et la première revue de l’époque. C’était un univers extraordinaire. J’ai aussi participé à la création du Musée d’Art Moderne et Contemporain MAMCO, exercé à la Ville pour la promotion culturelle avant d’assumer jusqu’à récemment la fonction de mécénat et partenariat pour le Grand Théâtre.

Où en êtes-vous aujourd’hui?
Je souhaite mettre à disposition mes compétences, mon réseau, et mes expériences à ceux qui en auraient besoin. Toujours dans le domaine des relations publiques et de la communication, la recherche de fonds, ou la direction d’un centre d’Art. Cela me permettrait de leur offrir un plus dans le domaine culturel par rapport à leur communication. Il s’agit pour moi d’apporter de l’intensité, de la profondeur à des opérations marketing, relationnelles ou commerciales.

Votre vision de la culture?
C’est un élément vital. Que ce soit la lecture d’un livre, l’écoute de la musique, le plaisir de voir des œuvres d’art. Chacun nourrit son propre univers à travers le visuel, un concert, l’exposition théâtrale. Sans cette nourriture vitale, je pense que notre vie serait très pauvre.

Que pouvez-vous nous dire sur votre fonction au Grand Théâtre?
J’étais responsable du mécénat d’entreprises. Cela consiste à offrir l’opportunité à une entreprise d’être partenaire privilégié de l’institution. Toute entreprise a besoin de se montrer à l’extérieur de son cadre d’activité, c’est comme un besoin d’oxygène. Chaque entreprise se nourrit d’une communication qui n’est pas exclusivement d’ordre professionnelle. Les liens formés sont plus personnels.

Quelle est votre analyse de la crise vécue par le Grand Théâtre?
C’est une institution dont les statuts et les règlements sont devenus obsolètes. C’est peut-être quelque chose qui n’a pas été pris en compte au moment opportun. J’estime que l’on a fait un faux procès à Jean-Marie Blanchard. Il est avant tout le garant de la qualité artistique. La gestion quotidienne des 300 personnes du Grand Théâtre est d’une telle complexité qu’il faut que le directeur artistique soit solidement secondé par un spécialiste de l’administration ou des ressources humaine. Tout cela se met en place maintenant.

Que faudrait-il pour une Genève culturelle plus forte?
L’offre culturelle à Genève est déjà très importante. Pour un bassin géographique de 500’000 habitants, nous comptons des dizaines de théâtres, de salles de musique, d’orchestres et musées. Pour conforter ce foisonnement culturel et artistique, les autorités municipales et cantonales doivent retrousser leurs manches et améliorer les structures existantes. On ne mesure jamais assez l’impact économique de grandes institutions culturelles. L’économique et le culturel devraient davantage fonctionner main dans la main.

Comment voyez-vous l’année 2009?
Ce sera l’année des Télécoms. J’espère que Genève saura mettre à profit ce grand événement pour présenter et valoriser sa richesse culturelle. Chaque visiteur, chaque entreprise devrait pouvoir repartir avec une expérience inoubliable de la Genève culturelle.

Une prospective de la Genève culturelle en 2030?
Je la souhaite très forte avec un discours apaisé entre les dirigeants politiques et les aspirants culturels. Quant au public, il devrait se laisser davantage guider par sa curiosité naturelle au profit des créations contemporaines.

Qu’allez-vous faire à présent?
Je veux donner du contenu culturel, de l’âme aux événements. Car c’est le contenu qui permet de se remémorer ce qu’on a vécu. J’ai rejoint la structure Diagonale Promotion, créée en 1984 par mon amie de très longue date Anne Biéler. Nos compétences réunies nous permettront d’accompagner ou de créer un projet culturel. C’est très important d’avoir une adéquation entre notre proposition, l’événement et tous les intervenants extérieurs. Nous serons le fil rouge qui rassemble le tout.
Propos recueillis par Benjamin Perrier

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Renate Cornu reconnaît que la gestion quotidienne du Grand Théâtre est complexe