L’Amicale des chasseurs alpins “Diables Bleus” de La Tour-du-Pin organisait sa journée “chasseur” ""à Châteauvilain dimanche 12 avril. Le rassemblement débutait par une messe à la mémoire des amis disparus, avec musique et sonneries dans l’église. L’office était célébré par le Père François-Marie Gay, de la paroisse de La Tour-du-Pin. Après Montagnieu en 2014, c’est donc sur la commune de Châteauvilain que l’amicale avait décidé d’organiser ces retrouvailles annuelles. Un hasard qui fait suite à une promesse faite lors de l’inauguration de la place du 19 mars 1962. Par ailleurs, le destin a voulu faire se retrouver deux copains d’école : Henri Guillaud, président de l’amicale des chasseurs alpins “Diables Bleus” de La Tour-du-Pin, et Daniel Gaude, maire de Châteauvilain. Ils avaient également une pensée pour un ancien combattant Fnaca qui aura été le fil conducteur de cette belle rencontre : Désiré Fuzier.
Après la messe, un cortège s’est formé pour se rendre au monument aux morts. La cérémonie s’est déroulée en présence de 17 drapeaux et un fanion. Il était procédé à un dépôt de gerbes (fleurs de couleur bleue et jonquilles). Après la minute de silence, deux adhérents de l’Amicale faisaient l’appel des chasseurs alpins morts en Afghanistan, des soldats morts depuis l’engagement des troupes françaises au Mali et des enfants du village de Châteauvilain tombés au champ d’honneur.
Au cours de cette cérémonie, le président Henri Guillaud rappelait l’histoire des “Diables Bleus”, des chasseurs alpins qui sont le symbole même de la détermination. Il soulignait : «Il s’agit du parcours banal et tragique de jeunes gens qui ont fait d’énormes sacrifices pour défendre la France.» Quant à Daniel Gaude, il ne cachait pas sa fierté que sa commune accueille un tel rendez-vous : «A Châteauvilain, il n’y avait pas eu de grande cérémonie depuis l’inauguration de la place du 19 mars. Je suis originaire des Abrets et c’est mon grand-père, chasseur alpin, qui avait organisé la journée anniversaire des “Diables Bleus” le 30 avril 1972. Aujourd’hui, cette cérémonie doit faire plaisir à Hubert Janin, qui est le seul “Diable Bleu” de Châteauvilain.» Dans l’assemblée, on pouvait noter la présence des maires honoraires Gérard Garnier (Châteauvilain), René Annequin (Rochetoirin) et Maurice Durand (La Tour-du-Pin), ainsi que de nombreux adhérents des “Diables Bleus” de La Tour-du-Pin et de Crémieu. Quant aux sonneries d’usage, elles étaient effectuées par la Fanfare de Veyrins-Thuellin.
Après le salut aux drapeaux, le défilé reprenait pour se rendre jusqu’à la salle des fêtes pour lever le verre de l’amitié et partager un repas convivial.

Un peu d’histoire…
""Avec cette journée des “Diables Bleus”, c’était l’occasion pour l’amicale de La Tour-du-Pin, qui regroupe 135 adhérents, de montrer ce qu’ont fait les chasseurs depuis leur création par le duc d’Orléans jusqu’à nos jours. Les chasseurs à pied ont vu le jour en 1845, puis les chasseurs alpins ont été créés le 24 décembre 1888. Ensuite, sont venus les chasseurs mécanisés. Au tout début, ils étaient les seuls soldats de l'armée française auxquels on demandait de savoir lire et écrire. Ils étaient les meilleurs tireurs et les meilleurs sportifs. Il est vrai que les chasseurs étaient utilisés alors comme troupes de choc. Ils ont d'ailleurs payé un lourd tribut en 1914-1918 (plus de 80 000 morts). 
Le surnom de “Diables Bleus”, ils le doivent à leurs adversaires. Les “Diables Bleus” entretiennent la mémoire, mais aussi diverses traditions, à commencer par le “langage” des couleurs. L’usage du mot “rouge” est interdit et est remplacé par “bleu-cerise”, sauf pour désigner la légion d’honneur et le drapeau. D’après l’histoire, cela viendrait de l’époque où Napoléon III voulut imposer le port du pantalon garance. Cela provoqua un mécontentement au sein des chasseurs à pied, d’où l’interdiction de parler de rouge depuis cette époque.
Les chasseurs sont vêtus d’une tenue de couleur bleue. Ils sont également les seuls à avoir le passepoil jonquille sur la couture du pantalon. Quant au béret de chasseur alpin, il a été adopté en 1891 par le ministère de la Guerre. Son origine est Béarnaise. La “tarte” est vite devenue l’emblème des chasseurs alpins. Elle est suffisamment grande pour protéger les pieds des chutes de neige ou du soleil lors des longues gardes en montagne. Lors de la Première Guerre mondiale, les chasseurs ont même abandonné le casque réglementaire pour porter leur la “tarte” durant les combats !
C. Muet


2016-04-16