L’audience solennelle de rentrée judiciaire du Tribunal de Grande Instance de Bourgoin-Jallieu ""vient de se dérouler en présence de nombreuses personnalités civiles et militaires, de magistrats…
Une audience au cours de laquelle la vice-présidente du Tribunal de Grande Instance a procédé à l’installation de quatre nouveaux magistrats : Marie-France Bay-Renaud en qualité de Présidente, Inès Réal Del Sarte en qualité de Vice-Présidente, Myriam Traverso en qualité de Vice-Présidente chargée du service du Tribunal d’Instance et d’Anaïs Taïbi-Lecoeur en qualité de Substitute du Procureur de la République. Marie-France Bay-Renaud succède à Philippe Greiner récemment nommé au sein de la Cour d’Appel de Chambéry. Il a présidé la juridiction berjallienne pendant quatre ans.
La vice-présidente du tribunal présentait les nouveaux magistrats en rappelant les parcours de chacune. Des parcours riches dans des matières pénales et civiles. Ensuite, c’est Cédric Cabut, procureur de la République, qui rendait un hommage appuyé à Philippe Greiner avant de s’adresser aux nouvelles arrivées. C’est d’ailleurs avec son humour habituel qu’il a tenu ses réquisitoires. L’assistance a eu droit à du Frédéric Dard et à du Michel Audiard.
Plus sérieusement, il poursuivait ses propos en abordant le “sujet” qui fâche. L’heure était au descriptif de la bonne santé des locaux du tribunal. L’examen était attentif quant à l’abandon du projet de construction d’une juridiction sur la commune de Villefontaine. La nouvelle est tombée au printemps dernier. Cédric Cabut déclarait encore : «Je ne rêve pas en couleur, je ne rêve pas en noir, je ne rêve pas du tout, je n’ai pas le temps.» Pour les cinéphiles, vous l’aurez reconnu, il s’agit là d’un dialogue de Michel Audiard écrit pour “Les Tontons flingueurs”. 
Mais pour les magistrats du siège et du Parquet, autant le prendre sur le ton de la plaisanterie puisque cela fait des années qu’on leur promet une “cité judiciaire”. En attendant ils ont l’impression d’être des “personnages” sortis tout droit d’un tableau impressionniste. Ils jouent sur une autre carte. Celle de travailler dans une ambiance studieuse et décontractée dans une juridiction prestigieuse bien que modeste. En s’adressant à ses collègues, il ajoutait : «On ne peut bien fonctionner que par un dialogue, des échanges réguliers et fréquents. On fonctionne bien et même très bien. Chacun s’acquite de sa tâche dans un délai global correct. L’activité est dense dans cette juridiction. Nous avons pu, hélas, le constater au cours de l’été avec la tragique issue d’un braquage à Dolomieu. Une juridiction où l’on traite des cambriolages, des saucissonnages et des braquages de petits commerces. Autre sujet important pour la juridiction : l’incidence territoriale. Mais la Réforme de la carte du Nord-Isère avec une certaine incohérence du ressort ne semble pas choquer.» A la fin des réquisitoires, Marie-France Bay-Renaud rejoignait la place qui est désormais la sienne. Une nouvelle étape s’ouvre dans la vie de la juridiction berjallienne.
Carole Muet

2015-09-05