Troubles psychiques mal identifiés

par | 16 Juil 2009

Les troubles psychiques sont fréquents, restent souvent non identifiés et sont rarement traités de manière adéquate.

De nombreuses propositions d’économies sont actuellement formulées lors des discussions au sujet de la politique de santé. Malheureusement, un grand nombre de ces mesures ne sont pas adaptées aux besoins des personnes atteintes de troubles psychiques. En font notamment partie les projets du groupe parlementaire composé de onze membres proposant un « gate-keeping » généralisé, de même qu’une augmentation jusqu’à 20% de la quote-part en cas de consultation directe d’un médecin spécialiste.

Maladies psychiques : fréquentes et coûteuses

Un habitant sur deux en Suisse souffre d’un trouble psychique au cours de sa vie. Chaque an-née, 1300 personnes meurent d’un suicide, et 6100 commettent une tentative ostensible de suicide. Les coûts sociaux entraînés par les maladies psychiques s’élèvent à au moins 8,4 milliards de francs par an.

Les médecins de premier recours : importants mais insuffisants

Plus de la moitié des personnes ayant commis un suicide ont consulté leur médecin traitant dans le mois précédant leur mort. Cependant, les dépressions ne sont identifiées comme cause principale d’un suicide que dans à peine 50% des cas dans les cabinets de médecine générale. Seuls environ 10% des patients obtiennent un traitement psychiatrique spécialisé. Les méde-cins traitants représentent des partenaires essentiels pour le suivi des personnes psychique-ment malades, toutefois l’identification et le traitement des signes cliniques de maladies psy-chiatriques se révèlent souvent difficile.

Le traitement psychiatrique : un accès à bas seuil et sans obstacles, plus que jamais nécessaire !

Une étude récemment publiée montre que plus de 60% des malades psychiques souhaitent di-rectement suivre un traitement psychiatrique, sans avoir à effectuer un détour par un médecin traitant. La raison en est que les souffrances psychiques sont fréquemment chargées de honte et de craintes, requérant donc une grande protection de la sphère privée. Il est scientifiquement prouvé qu’une relation de confiance avec le thérapeute est la clé d’un traitement réussi.
Des offres d’aide psychiatrique à bas seuil sont indispensables pour l’identification précoce et le traitement rapide du trouble, comme le souligne la recherche sur le suicide.

Le « gate-keeping » pour les malades psychiques : inadapté et dange-reux

L’introduction du « gate-keeping » et le doublement de la quote-part lors de consultations au-près de spécialistes représenterait une somme d’obstacles supplémentaires à l’accès aux soins psychiatriques. De la même manière que l’on n’attend pas d’une femme qu’elle se soumette à un examen de son médecin traitant pour des douleurs d’ordre gynécologique, il est absurde d’exiger ce détour d’un malade psychique ayant souvent des difficultés à parler de ses souffrances. Des études démontrent que la raison principale du manque de suivi des malades psychiques réside précisément dans ces obstacles.

Que faut-il faire ? L’accès direct aux soins psychiatriques doit être garanti éga-lement à l’avenir, quel que soit le modèle d’assurance choisi. Aucun obstacle supplé-mentaire à la recherche d’un traitement psychiatrique adéquat ne saurait être ajouté pour les malades psychiques. La collaboration entre médecins traitants et psychiatres doit être renforcée, afin que la détection et le traitement des troubles psychiques s’améliorent.

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Des offres d’aide psychiatrique à bas seuil sont indispensables pour l’identification précoce et le traitement rapide du trouble.

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