«Le secteur de l’édition et de la distribution du livre a connu une mutation qualitative à la faveur de la décision annoncée par le Président Zine El Abidine Ben Ali dans son discours du 7 novembre 2007 à l’occasion du 20e anniversaire du Changement et relative à la suppression de tout contrôle administratif sur les livres, les publications et les œuvres artistiques lors du dépôt légal, ledit contrôle et les mesures d’interdiction de parution relevant du seul ressort des tribunaux,» ajoute-on.

«Cette décision historique» remarque-t-on, «marque une nouvelle avancée en matière de consécration de l’attachement de principe de la Tunisie, depuis le Changement, au choix de la liberté de la création et de la pensée, ainsi qu’à l’encouragement de la production artistique nationale.»

Tous les indicateurs montrent par ailleurs que le secteur du livre et de l’édition connaît en Tunisie une expansion notable. Sur les 1’708 titres édités au cours de l’année écoulée, 90% sont des œuvres nouvelles et inédites.

Hausse des maisons d’édition
Cette nouvelle dynamique est attribué à la conjonction de plusieurs facteurs, dont la multiplication des initiatives d’écriture des intellectuels dans les divers domaines de création mais aussi la prolifération des maisons d’édition qui sont actuellement au nombre de 195 alors qu’on n’en comptait que 90 en 2001. Leur activité a gagné en densité, se distinguant par un professionnalisme plus élevé en termes de qualité d’impression, de présentation et de distribution du livre tant en Tunisie qu’à l’étranger.

La diffusion du livre culturel a largement bénéficié, au cours des dernières années, des mesures successives prises par l’Etat dans le but de dynamiser le secteur. Il en est ainsi de la suppression des autorisations administratives préalables lors de la création d’entreprises d’édition. Les opérateurs privés ont désormais toute latitude de créer leurs entreprises et d’éditer leurs titres sans avoir à demander une autorisation préalable.

Soutien de l’Etat
De même, les maisons d’édition tunisiennes bénéficient de nombreux avantages matériels dont, en premier lieu, la prise en charge par le budget de l’Etat des trois quarts du coût du papier utilisé dans l’impression du livre. Ceci sans compter maintes facilités fiscales et procédurales accordées par le Code unique de l’investissement au profit du secteur de l’édition du livre.

L’un des autres aspects du soutien de l’Etat tunisien aux éditeurs consiste en l’acquisition d’un nombre important de leurs publications aux fins d’alimenter le réseau de bibliothèques publiques dont le nombre s’élève à 370 bibliothèques couvrant les villes et villages du pays.

A cette situation, s’ajoute la régularité de parution des journaux d’opposition. La plupart des huit partis d’opposition en Tunisie publient désormais leurs journaux où ils s’expriment librement sur toutes les questions de leurs choix. Le quotidien «El Mawqif», qui publie chaque semaine des critiques virulentes à l’égard des autorités, admet volontiers qu’il est désormais capable désormais de vivre de ses recettes.

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«Plus aucun livre n’est en instance d’autorisation de distribution», annoncent les milieux officiels à Tunis.