A l’occasion des célébrations marquant la date de son accession à la tête de l’Etat, le 7 novembre 1987, le Président tunisien Zine El Abidine Ben Ali a tenu un discours soulignant les progrès réalisés en vingt ans et sa volonté de renforcer encore ses relations avec l’Union Européenne avec l’adhésion, début 2008, à une zone de libre-échange et son soutien au projet du Président français Nicolas Sarkozy de constituer une « Union méditerranéenne ».

L’édition 2008 du Global Competitiveness Report que sort chaque année le World Economic Forum (WEF) a confirmé début novembre 2007 la compétitivité de l’économie tunisienne, en tant que place internationale d’investissement, à la 33ème place, sur un ensemble de 122 pays. La Tunisie se classe désormais 32ème sur un ensemble de 131 économies. Elle est ainsi la première économie compétitive sur le continent africain, devant même l’Afrique du Sud et troisième économie compétitive en matière d’attrait à l’investissement, devant des pays tels que le Turquie, le Maroc, l’Egypte et autres, et juste après le Koweït ou le la Qatar.

Les réformes engagées par le Président Ben Ali, depuis son accession au pouvoir, le 7 novembre 1987, ont été particulièrement marquées dans les domaines de l’éducation (99% des enfants sont scolarisés dès l’âge de six ans et le taux d’alphabétisation, de 94,3%, sont les plus élevés du Maghreb), des infrastructures et de la santé, et l’intégration de la femme à tous les niveaux de la vie sociale, économique et politique avec la promulgation du Code du Statut personnel, maintes fois renforcé depuis l’indépendance tunisienne, en 1956. Le taux de pauvreté a été ramené de 7,7 à 3,8% en vingt ans, grâce à une croissance régulière du PIB et une constante amélioration du niveau de vie des Tunisiens.

Ces faits et ces chiffres sont assez remarquables, dans un contexte géo-politique soumis au Maghreb à de multiples soubresauts, pour être relevés au moment où les célébrations du 20e anniversaire du changement en Tunisie suscitent, ici et là, des commentaires sarcastiques sur ce petit Etat de dix millions d’habitants qui serait gouverné de manière autoritaire.

Une réalité complexe
Décriée pour sa politique des droits de l’homme, la Tunisie du Président Ben Ali est pourtant considérée par de nombreux chefs d’Etat occidentaux comme un pays qui a su concilier son identité arabo-musulmane avec les contraintes d’un développement à l’occidental. Il est surprenant de constater que les menaces islamistes qui pèsent sur l’un des rares Etats musulmans qui offre une aussi complète intégration de la femme à tous les échelons de la société soient balayés d’un revers de plume, au nom de valeurs universelles certes hautement respectables, comme la liberté d’expression, sans aucun recul historique ou sociologique. Alors que d’aucuns s’inquiètent des dérives fondamentalistes d’un Etat de la taille de l’Iran, s’indignent du sort réservé aux femmes dans les pays du Golfe persique, il n’est pas inutile de rappeler que le Président Ben Ali et son gouvernement sont profondément attachés aux valeurs de laïcité et d’intégration sociale n’excluant aucun individu. La Tunisie est aussi l’un des rares pays musulmans où l’exercice des droits religieux des communautés minoritaires, comme les Juifs, sont pris en considération et protégés. La réputation de pays de tolérance de la Tunisie n’est pas usurpée.

Dans son discours du 7 novembre, le président Ben Ali a exprimé le profond attachement de la Tunisie à l’Europe et son souhait de répondre favorablement à l’initiative du président français Nicolas Sarkozy en faveur de la création d’une Union méditerranéenne. Par les échanges économiques et le renforcement des liens institutionnels, la Tunisie démontre qu’il existe une voie possible pour un pays émergent africain de se hisser au niveau des pays développés. Le processus de démocratisation et de réformes politiques, en Tunisie comme dans d’autres pays du Maghreb, sera d’autant plus sûr et possible qu’il repose sur la compréhension des différences culturelles plutôt que sur la mise à l’index ou l’ignorance des enjeux stratégiques.

Par Philippe Amez-Droz

img6845.jpg

Depuis 1987, la Tunisie n’a cessé de se développer à tous les niveaux, grâce notamment à l’apport du Président Zine El Abidine Ben Ali.