A l’invitation de la Banque Julius Baer et de Claude Gonet, Directeur, le Professeur Christian Saint-Etienne, éminent spécialiste des questions politico-économiques françaises, est venu s’exprimer face à une salle comble au Mandarin Oriental Hôtel du Rhône, ce mardi 5 septembre.

Petit tour sur les marchés
Mais avant de lui donner la parole, Gérard Piasko, responsable de la stratégie d’investissement Private Banking chez Julius Baer, a donné le baromètre des marchés et offert quelques perspectives. Aux Etats-Unis, la conjoncture reste très bonne, malgré un début de baisse des prix de l’immobilier. En Europe, les indices économiques sont forts, s’approchant des plus hauts comme au début de l’année 2000, et l’optimisme est de mise, alors que certains analystes anticipent déjà un ralentissement. Attention à l’Inde (déficit de la balance des paiements), le Japon est sur « neutre » (croissance des commandes et des exportations moins bonne que prévue) et la Chine est « le marché » qui garde une grande influence.

Les 30 glorieuses, les 15 piteuses…
Sous le titre « A huit mois des Présidentielles, quelle France, quelle Europe? », le Professeur Christian Saint-Etienne, le conférencier invité, a d’abord brossé un tableau historique: « Après les 30 glorieuses, soit depuis la fin de la seconde guerre à 1974, la France a connu ensuite une période de déclin, perdant en influence et en compétitivité. Puis, ces quinze dernières années, que l’on peut qualifier des « 15 piteuses », ont été dévastastrices, la France gaspillant, de manière parfois incompréhensible, ses atouts, les uns après les autres », a déclaré l’orateur. Avec un humour qui sied aux habitués des conférences rassemblant un nombreux public (Christian Saint-Etienne est, parmi bien d’autres charges, professeur à Paris Dauphine), l’intervention n’a pas été qu’un vaste tableau noir.

Quelques projets de réformes
« Non, la France demeure une grande nation, avec des pôles économiques extraordinairement dynamiques, comme l’industrie aéronautique qui est en concurence directe avec celle des Etats-Unis ». Et puis, après tout cela, que faire pour redresser la barre? Le Professeur Christian Saint-Etienne, qui rencontre régulièrement le premier ministre dans le cadre de projets de réformes, est convaincu qu’il suffit de quelques mesures fortes et déterminées pour que le courant s’inverse. « Tout d’abord », préconise-t-il, « il est impératif d’entreprendre une réforme sur le plan fiscal, de redonnner le poids légitime que les PME jouent dans le tissu économique en réduisant l’impôt qui les frappe actuellement de 34,8% à 18%, et enfin de ramener le déficit public de 1,2% du PIB pendant 5 ans ». Des réformes que Dominique de Villepin a vu d’un très bon oeil, mais refusées par Jacques Chirac. « Ce sont des mesures qui conviennent à un début de mandat présidentiel « , a-t-il justifié.

Au terme de la conférence, vivement applaudie, de nombreuses questions ont été posées par l’assistance. Claude Gonet, qui organise ces conférences depuis plusieurs années, avec à chaque fois des intervenants hors pair, comme par exemple Guy Sorman ou Charles Gaves, a ensuite conclu en invitant le public à poursuivre la soirée autour d’un cocktail.

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De g. à d. Rémy Bersier, CEO Private Banking de Julius Baer, Gérard Piasko, responsable de la stratégie d’investissement Private Banking Julius Baer, Christian Saint-Etienne, conférencier et Claude Gonet, directeur et organisateur de l’événement.