Le 17 mai dernier, l’Union Internationale des Télécommunications a décerné le Prix UIT de la société mondiale de l’information au Président Abdoulaye Wade du Sénégal pour son implication personnelle dans l’édification d’une communauté numérique internationale.

Grâce au Président Wade et au Fonds de Solidarité Numérique qu’il a mis en place, l’«Afrique numérique» est en train de passer du rêve à la réalité, autrement dit de se rêvaliser. La «solidarité numérique» est une initiative africaine présentée par Son Excellence Me Abdoulaye Wade, responsable des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) dans le cadre du Nouveau Partenariat pour le Développement en Afrique (NEPAD). Pour reprendre les mots du Président, «le numérique est une chance pour l’Afrique»!

Origine et originalité du Fonds
Le Fonds de Solidarité Numérique (FSN), inauguré en avril 2005, est l’instrument pragmatique du concept de solidarité numérique. Salué pendant les deux phases du Sommet mondial sur la société de l’information (Genève 2003 et Tunis 2005), le Fonds est un mécanisme financier novateur qui a pour objet de stimuler l’accès aux ressources numériques des pays en développement. Le principe de solidarité numérique est consacré dans l’article 61 de la Déclaration de principes de Genève qui invite «toutes les parties prenantes à adhérer au Pacte de solidarité numérique». «C’est la première structure internationale qui regroupe des Etats, des régions, des villes, le monde privé et la société civile» s’exclame Christian Ferrazino, soutien inconditionnel du fonds!

Un monde déséquilibré
La sphère numérique mondiale est fortement déséquilibrée: 90 % des utilisateurs du réseau Internet se trouvent dans les pays industrialisés, plus de 80 pays disposent de moins de 10 lignes téléphoniques pour 100 habitants. En Afrique le nombre d’internautes ne représente que 1 % de la population et le tarif de la connexion à Internet est vingt fois supérieur à celui pratiqué à Genève. Le coût de l’équipement informatique correspond soit à sept, soit à quinze années de salaire moyen selon les pays. Le but du FSN est de compléter les mécanismes de financement déjà existants pour réduire le «retard numérique» des collectivités humaines les plus défavorisées. Le FSN assure le financement d’équipements, de formations et de services dans le domaine des technologies de l’information (radio, téléphone, télévision, Internet et autres).

Le principe du 1%
Un principe simple et efficace, «sans douleur» selon Abdoulaye Wade, dit «Principe de Genève» pilote le fonctionnement financier du fonds. Selon Amadou Top, Vice-Président du Fonds, «c’est le seul mécanisme qui extrait des ressources financières dans un secteur pour le redonner dans le même secteur». Toutes les entités intéressées, dans leur appel d’offre, demanderont aux vendeurs de verser, sur leur marge, 1% du montant. L’entreprise pourra alors afficher le label «Solidarité numérique» sur ses produits. «Le principe de solidarité numérique est positif, il vise à construire une nouvelle société» précise Thierno-Ousmane Sy, conseiller du Président.

Trois domaines prioritaires
Au niveau de la répartition, les ressources du FSN seront attribuées pour 60% dans les pays les moins avancés, 30% dans les autres pays en développement et 10% dans les pays en transition et développés.
Les trois domaines d’actions prioritaires fixés par le Fonds sont – l’éducation, la formation professionnelle et la santé – la fourniture de services aux administrations locales – la création de nouvelles activités, de nouveaux emplois, de nouveaux revenus et de nouveaux marchés.

Les actions du FSN
Le FSN n’est pas un fonds comme les autres. Il ne constitue pas un fonds de plus pour alimenter financièrement le tiers-monde. Le fonds se caractérise par la fait qu’il forme la première démarche communautaire visant à résoudre le principal défi du développement: l’accès de tous les citoyens africains à la société des savoirs. Le Président rajoute «L’intelligence est la chose la mieux partagée du monde, c’est en cela que le numérique est révolutionnaire»!

Synergie Lyon-Genève-Afrique
La synergie numérique devra être optimale entre les villes de Lyon, de Genève et le continent africain. Genève accueille le siège officiel du FSN en la Villa La Concorde. Lyon est la ville ou le Président du Sénégal Abdoulaye Wade a plaidé pour la création du fonds. Elle est aussi le lieu ou sera normalement créée l’Agence internationale pour la solidarité numérique chargée de sélectionner les projets en lien avec le FSN et de satisfaire l’accès à Internet, service essentiel pour le continent Africain.

Le Prix
La remise du prix UIT de la société mondiale de l’information le 17 mai au CICG fut le point d’orgue des dix jours de manifestations qui ont eu lieu du 9 au 19 mai. Pourquoi le 17 ? Parce que le 17 mai est la date de la Journée mondiale de la société de l’information et la date anniversaire de la création de l’Union internationale du télégraphe, ancêtre de l’UIT, en 1865. «Ma pensée profonde, c’est qu’il n’y a aucune différence entre les êtres humains, ce qui les différencient, ce sont leurs produits» conclut le Président.

img173.jpg

Abdoulaye Wade, Président du Sénégal