L’olfaction est l’un des moyens de communication importants utilisés par les mammifères pour interagir entre eux et avec leur environnement. Chez la souris, les phéromones et odeurs sont perçues à l’aide de récepteurs situés sur des neurones spécifiques présents dans le nez. Jusqu’à maintenant, quatre classes de récepteurs avaient été identifiées. A l’Université de Genève (UNIGE), une équipe de chercheurs du Pôle de recherche national Frontiers in Genetics vient de découvrir une nouvelle famille de senseurs. Ces travaux, publiés dans la revue Nature le 22 avril prochain, révèlent en outre que ces récepteurs détectent des molécules associées à diverses maladies et états inflammatoires.

Comment savoir quelle attitude adopter, lorsqu’on rencontre un autre
mammifère? Vaut-il mieux fuir, attaquer ou se laisser séduire? Chez bon nombre
de nos congénères, tels que les souris, l’outil sensoriel majeur qui dirige ces
comportements est le système olfactif. Ce dernier perçoit les phéromones et les
odeurs à l’aide de récepteurs présents sur des neurones spécifiques, à l’intérieur de la cavité nasale.

Un stimulus pour chaque neurone
Le groupe d’Ivan Rodriguez, du Département de zoologie et biologie animale de
l’UNIGE, s’intéresse de près aux récepteurs voués à cette tâche. Chez les rongeurs, ils sont regroupés au sein d’un organe appelé voméronasal. «Afin de mieux cerner les outils moléculaires employés par les mammifères pour interagir socialement, nous avons cherché à savoir si tous les types de récepteurs olfactifs avaient été découverts», rapporte le professeur.

Les chercheurs ont ainsi découvert une nouvelle classe de senseurs, exprimés
exclusivement dans l’organe voméronasal. Chaque membre de cette classe, qui
fait partie de la famille des formyl peptide receptors, n’est exprimé que sur un seul type de neurones, et à l’exclusion de tout autre récepteur olfactif.

Suivre les bactéries à la trace
Mais ce n’est pas tout: «Nous avons également pu identifier les molécules qui se
lient à ces récepteurs. Il s’agit en fait de facteurs associés à diverses maladies et états inflammatoires», explique le scientifique. Certaines de ces molécules sont relâchés par des bactéries ou virus, ou encore produits lors de la défense contre une infection. Des récepteurs de la même famille sont du reste utilisés par le système immunitaire pour attirer les cellules de défense de l’organisme vers les sites infectés. Les travaux du groupe suggèrent que les souris se servent de ces nouveaux récepteurs pour détecter des aliments contaminés ou identifier des congénères malades.

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Une nouvelle famille de récepteurs du système olfactif est dévoilée à l’UNIGE