HEPIA, Haute école du paysage, d’ingénierie et d’architecture de Genève, «se met au vert». Sa filière Agronomie déploie son savoir-faire et aménage un potager urbain, sur l’esplanade de l’école, en plein coeur de la ville.

Les potagers urbains prennent de plus en plus d’importance dans les villes occidentales afin de répondre à divers besoins des citadins. Si dans les pays du Sud, les potagers urbains ont davantage une fonction de sécurité alimentaire, dans les pays du Nord, ceux-ci visent surtout à remettre en contact l’urbain avec la terre, créer des liens sociaux et cultiver une partie de la nourriture tout en contrôlant la façon dont cette dernière est produite.

La ville offre un potentiel incroyable pour faire pousser fruits et légumes: balcons, toits d’immeubles, espaces verts, sont autant de possibilités pour installer un potager. L’esplanade, située dans la cour intérieure d’HEPIA, avait donc un destin tout tracé pour cet usage.

En avril 2016, avec la collaboration de ses partenaires, la filière Agronomie a mis en oeuvre le chantier et concrétisé le projet entamé en 2015. Depuis, un potager s’épanouit pour le plus grand plaisir de tous, étudiants et collaborateurs, mais aussi visiteurs, gens du quartier ou de passage.

Plus qu’un potager… un bio di potager

«Bio» pour une gestion biologique
«Di» pour diversité

Le potager comprend des cultures de petits fruits, de légumes et de fines herbes. Les fruits et légumes sont
majoritairement des variétés anciennes et souvent oubliées. L’objectif étant aussi de promouvoir et
conserver ce patrimoine et ainsi faire redécouvrir ces variétés à la population.

La surface de culture se situant en terrasse, les plantes sont cultivées hors-sol. La technique de production
se fait en Smart Pot™, pots de jardinage en géotextile, déposés sur une structure en bois. Ce type de pots a
l’avantage d’être léger, résistant, durable et d’assurer une très bonne croissance des plantes.

A proximité des cultures maraîchères, des mélanges fleuris attirent les auxiliaires (ennemis des ravageurs
des cultures), les pollinisateurs et favorisent la biodiversité sur le site. Le potager et les mélanges fleuris
permettent également d’apporter une source supplémentaire de nectar et de pollen aux abeilles.

Un projet à multiples vocations :

  • Améliorer l’environnement visuel et écologique du site et de son quartier Diverses études démontrent que les potagers urbains rendent plusieurs services écosystémiques, entre autres en favorisant la biodiversité et en améliorant la qualité de l’air des villes. Abeilles, papillons et avifaune sont quelques exemples d’organismes profitant de la présence de ces potagers en ville.
  • Offrir un espace pédagogique
    • Aux étudiants et aux collaborateurs afin d’en apprendre davantage sur ce mode de production et d’observer l’évolution des cultures au fil des semaines
    • Réalisation de travaux de Bachelor et de Master
    • Vitrine de démonstration pour des associations et acteurs du domaine
    • Sensibilisation de groupes d’écoliers, lors d’ateliers, à la question de l’agriculture, de l’alimentation et de la nature en ville.
  • Soutenir les étudiants et plus particulièrement la Junior Entreprise HEPIA
    • L’entretien du potager, la vente des produits ainsi que les ateliers sont assurés par des étudiants de la Junior Entreprise HEPIA.
  • Réaliser des projets de recherche appliquée et novateurs

Différents aspects techniques seront évalués au fil du temps, comme la culture et la croissance de différentes variétés de plantes dans un contexte fortement urbanisé, les techniques de production biologique, la qualité alimentaire des produits cultivés en milieu urbain, ainsi que des projets interdisciplinaires.

Ce projet est placé sous la gestion de Sophie Rochefort, responsable de la filière Agronomie et Vincent Gigon, chargé d’enseignement en cultures maraîchères, avec la participation des étudiants de la Junior Entreprise pour l’entretien. Il a été rendu possible grâce au soutien d’HEPIA (HES-SO Genève), Ricoter, ProSpecieRara et les Urbainculteurs.

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Le «bio di potager» au printemps 2016 © HEPIA